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Tome premier.
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RETRAITE DES DIX MIELE. — LIV. VII.

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chos et aux generaux, afin que ces Grecsaillent l’annoncer ä l’armee. » Seuthespromit ä chaque soldat un cyzicene, ledouble ä un chef de lochos, le quadru-ple ä un general; il offrit de plus au-lant de terres qu’en desireraient lesGrecs, des altelages pour les cultiver,et une ville maritime fortifiee. « Mais,dit Xenophon, si je lache de vous ren-dre ce Service et ne puis y reussir, siquelque vaine crainte de deplaire auxLacedemoniens empeche le traile de seconclure, recevrez-vous dans vos Etatsquiconque voudra s’y refugier? — Ac-courez-y, reprit Seuthes, je vous y trai-terai comme mes freies; je vous y ae-corderai des marques de dislinction, etje partagerai avec vous tout ce que jepourrai conquerir. Quant ä vous, Xe-nophon , je vous donnerai ma fille, etsi vous en avez une , je l’acheterai devous, suivant la coutume des Tliraces.Je vous ferai present de Bisanthe pourhabitation :c’est la plus belle ville queje possede sur les bords de la mer. »

24. Apres ce discours, on se presentade part et d’autre la main en signe d’a-mitie, et les Grecs se retirerent; ils arri-verentavant le jour au camp, et chaquedepute rendit compte ä son general dece qui s’etait passe. Des qu’il fut jour,Aristarque fit appeler encore les gene-raux et les chefs de lochos : ceux-ci fu-rent d’avis de n’y point aller, mais deconvoquer les soldats. Tous se rendirentä l’assemblee, excepte ceux du corpsde Neon qui campaient ä environ dixstades de lä. Quand on fut assemble,Xenophon se leva et parla ainsi:

25. « Soldats, Aristarque a desgalereset nous empeche de nous porter par meroü nous voulons; car il serait dange-reux de nous embarquer sur des bäti-mens moins forts que les siens. Il vousordonnede marcher vcrs la Chersonese,et de vous y frayer une route, les armes

ä la main, ä travers le Mont Sacre. Sivous vous ouvrez ce passage et penetrezjusqu’ä la Chersonese, il vous prometde ne plus vendre ni devouer ä l’escla-vage aucun de vous, ainsi qu’il l’a faitä Byzance; il assure que vous n’aurezplus de supercherie ä craindre, qu’onvous paiera une solde, au conlraire, etqu’on ne negligera point, comme au-jourd’hui, de vous faire trouver les Pre-miers besoins de la vie. Teiles sont lesoffres d’Aristarque. Seuthes, de soncöte, s’engage ä vous bien traiter sivous allez le joindre. Voyez maintenantsi vous voulez deliberer sur cette alter-native dans ce moment meme, ou seu-lement lorsque vous serez arrives oü ily a des vivres. Comme nous manquonsd’argent pour en acheter, et qu’on nenous laisse rien prendre ici sans payer,je suis d’avis de retourner d’abord ä desvillages oü nous forcerons aisemenl lespaysans ä nous laisser prendre nolresubsistance, d’ecouter la ce qu’on exigede nous, de part et d’autre, et de choi-sir alors le parti le plus avantageuxpour nous. Que quiconque pensecomme moi, ajoula Xenophon, levela main. » Tous les assistans la leve-rent. « Nous allons donc decamper, ditce general. Chargez vos üquipages, etquand vousen recevrez l’ordre, suivezcelui qui sera ä la tote de la colonne. »

26. Xenophon conduisit ensuite l’ar-mee qui marcha oü il la menait. Neon etd’autres personnes envoyees par Aris-tarque voulaient engager les troupesa revenir sur leurs pas; mais on ne lesecouta point. Quand on eut fait environtrente stades, Seuthes vint au devanldes Grecs. Xenophon, des qu’il l’aper-fut, lui cria d’approcher afin que lesdiscours que ce Thrace lui tiendrait re-lativement a l’avantage commun fus-sent entendusde plus demonde. Lors-que Seuthes se fut avance : « Notre