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Tome premier.
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XÄNOPIION •

Ce n’est pas uu liomme niechanl [ nos (ravaux. Seuthes

d’aillcurs, repondit Seuthes; mais iln’aime que ses solda!s, et il en fait plusmal ses affaires. —Mais, repriient lesLacedemoniens, a-t-il letalem de gou-verner l’esprit du Soldat?—- Tres-forl,repüqua Ileraclide. — Ne s’opposera-t-il pas, dirent ceux-ci, ä ce que nousemmenions l’armee?— Si vous voulez,repondit Ileraclide, la convoquer et luiprometlre une solde, les soldats tien-dronl peu de comple de Xenophon, etcourront apres vous. —Mais cotnmenllesassembler?objecterent les Lacedemo-niens. — Nous vous conduirons , ditIleraclide, demain de grand matin äleur camp; je suis sür que, des qu’ilsvousverront.ilssereunironlavecjoieau-tourdevous. » Ainsi finit cette journee.

48. Le lendemain, Seuthes et Ilera-

a personnelle-mcnt enrichi, et nous rcfuse injuste-ment la solde qui nous est due. Oui,ajouta ce premier orateur, oui, pourmoi je croirais avoir re<;u ma paie , etje ne regretterais plus les fatigues quej’ai essuyees, si je voyais Xenophon la-pide et puni des malhcurs oü il nous aentraines. » Ln autreGrec se levaalorsj et parla sur le merne ton; puis untroisieme; Xenophon tint ensuite cediscouvs :

49.«Certes, un hornrne doit s’attendreä lout, puisque vous m’imputez aujour-d’hui ä crime ce que je regarde, au fondde ma conscience, commc la plus grandepreuve de zelc que j’aie pu jamais vousdonner. J’etais dejä en route pour re-tourner dans ma patrie; je suis revenusur mes pas, et par Jupiter! ce n etait

clidemenent les Lacedemoniens ä l’ar- ! point pour partager votre prosperile;mee; eile s’assemble: les Lacedemoniens j’avais au contraire appris dans quelle

direnlaux soldalsqueSparte avait resolude faire la guerre ä Tissaplierne, « ä cesatrape dont vous avez vous-memcs ävousplaindre. Si vous voulez y marcheravcc nous, vous vous vengerez de votreennemi, et recevrez pour solde, chaqueSoldat, un darique par mois; chaquechef de lochos, le double; chaque ge-neral , le quadruple. » Les soldats ecou-lerent avec plaisir ces propositions.Aussitot je ne sais quel Arcadien se levapour declamer contre Xenophon. Seu-thes etait present; il voulait savoir cequ’on deciderait, et se tenait ä porleed’entendre; il avait son interprete aveclui, et d’ailleurs il comprenait lui-meme assez bien le grec. L’Arcadiencommeii(;a ä parier en ces terrnes :« Lacedemoniens, nous serions depuislonglemps avec vous si Xenophon nenous eüt persuade de venir ici; nous yavons passe l’hiver le plus dur ä faire,nuit et jour, la guerre sans y avoir riengagne, C’est lui qui jouit du fruit de

detresse vous vous trouviez, et je suisaccouru pour vous rendre encore quel-que Service, s’il m’etait possible. Desque je fus de retour, Seuthes, que vousvoyez, m’envoya courrier sur courrier,me fit les plus belles promesses, et de-sira en vain que je vous engageasse ävenir joindre son armee. Je n’enlrcprispoint alors de vous le persuader, et vousle savez tous; je vous menai droit auport, d’oü je croyais que nous passe-rions plus facilement et plus vite enAsie. Je trouvais ce dessein le plusavantageux de tous pour vous, et jesavais que vous l’aviez adopte. Aris-tarque vint avec des galeres, et nousempecha de naverser la Propontide. Jevous convoquai aussitöt, comme il etaitjuste, pour deliberer sur le parti qu’ilfallait prendre, Vous entendites les or-dies d’Aristarque qui vous commandailde marcher vers la Chersoncse; vousentendites les propositions de Seuthesqui vous priait de vous joindre ä lui