RET1U1TE DES DJX MILLE. — LIV. VII.
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comme auxiliaires. Tous vos discours,tous vos suffrages ne se reunirent-ilspas pour ce Thrace? Diles-moi quelcrime j’ai commis alors envers vous,de vous conduire oü vous aviez tousresolu d'aller? Si je prenais leparli deSeutbes, depuis qu’il a commence ävous jouer, et a elude de payer volresolde, je merilernis vos reprochcs etvolre Imine; mais si, apres avoir etc leplus avant dans ses bonnes gräces, jeme suis brouille sans management avecce prince, pour vous avoir preferes älni, cst-il jusle que ce soit vous quime fassiez un crime de cette cause denotre rupture? me direz-vous que cettebrouillerie apparente n’esl qu’un arti-fice, et qu’une partie de ce qui vousapparlenait legitimemcnt aeteemployeepour me gagner? Mais il est evidentque, par des largesses seeretes, Seulliesna pas entendu perdre ce qu’il medonnait, et elre oblige en meme tempsde s’acquitter de ce qu’il vous devait;il m’aura, d’apres cette supposition,donne une legere somme, afin que jele dispensasse de vous en payer uneplus considerable. Si teile est votreidee, vous pouvez, dans ce momemmeme, nous frustrer tous les deux dufruit des complots que nous avons tra-mfes contre vous. Exigez de Seutbesjusqu’ä la derniere obole de la soldequi vous est due; alors, certainementsi j’ai lire quelque argent de lui, il mele redemandera, et en aura le droit,puisque je n’accomplirai pas la condi-tion sous laquelle j’ai regu. Mais je crois6lre fort loin d’avoir touebe ce qui vousapparlenait; j’en jure par tous les dieuxet par toules les deesses, ce qui devaitme revenir en particulier, d’apres lespromesses que nous a failes Seullies,ne m’est point encore paye. Il est de-vant vous ce Seuthes; il m’entend; et,dans le fond de son coeur, il sait si je
me parjure. Pour vous etonner davan-lage, je fais encore serment que je n’aipas toucbe aulaut que les autres genfe-raux, pas meme autant que cjuelques-uns des cbefs de loclios. Pourquoi mesuis-je conduil ainsi? je vais vous ledire, soldals : j’esjierais que plus jepartagcrais avec Seullies son indigence,plus je pourrais compler sur son ami-tie, quand il lui serait devenu facile dem’en donner des jireuves. Je le voisprosperer, et je connais enfin quel est sonbul; cependant, m’objeclera-t-on peut-etre, n’avez-vous point honte d’avoiretc joue comme le plus imbecile deshommcs? J’en rougirais, par Jupiter!si c’eüt cte un ennemi qui m’eüt ainsiabuse; mais, enlre amis, il me paraitplus honteux de tromper que d’fetrcIrompe; au reste, puisqu’il faut etreen garde contrc ses amis, je sais aumoins cjue vous avez inieux observecette maximc que moi, et que vousvous etes tous bien gardes de donnerä Seutbes le moindre pretexfe de vousrefuser ce qu’il vous a promis. Nousne lui avons fait tort en rien; desqu’il nous a apjieles ä quelque expe-dition, nous n’avons montre ni pa-resse, ni läcbete. Mais, me direz-vous, il fallait exiger de lui des gagesqui l’empecbassent de nous tromperquand il i’aurait voulu? Ecoutez ceque j’ai ä rdpondre ä cette objcction,ct ce que je ne dirais jamais en prfe-sence de Seuthös, si vous ne me jiarais-sioz elre ou tout-ä-fait deraisonnables,ou ingrats au dernier poinl envers moi.Souvenez-vous des extremites oü vousetiez reduits» el dont Je vous ai tires envous menant ä Seutbes. Aristarque ,Lacedemonien, n’avait-il pas ferme lesportes de Perinthe, et ne vous ernpe-chait-il pas d’entrer dans la ville quandvous vous y presentiez? Ne campiez-vous pas hors des murs au bivouac et