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la parure du prince, et le regardant avecattention : « Oh ! raa mere, que monaieul est beau ! — Lequel, reprit lareine, trouves-tu le plus beau de Cam-byse ou d’Astyage? — Mon pure est leplus beau des Perses et mon aieul leplus beau des Med es que j’ai vus sur laroute et ä la cour. » Astyage, l’embras-sant ä son tour, le fit revetir d’une robemagnifique et parer de Colliers et debracelets. Depuis ce moment, il nesorlait plus sans etre accompagne deson petit-fils monte corame lui sur uncheval dont le mors etait d’or. Cyrusenfant et ami de l’eclat, flatte d’ailleursdes distinctions, prenait grand plaisir äla belle robe. Sa joie etait extreme d’ap-prendre ä monter ä cheval; car il estrare de voir des chevaux en Perse, äcause de la difficulte de les elever et des’en servir dans un pays de montagnes.
Astyage soupait un jour avec sa filleet Cyrus qu’il voulait disposer par labonne chere ä moins regretter la Perse;sa table etait couverte de sauces, de ra-goüts et de mets de toute espece : « 0mon papa, s’ecria Cyrus, que tu as depeine si tu es oblige de porter la main ächacun de ces plats et de goüter de tousces mets 1 — Eh quoi! ce souper ne tesemble-t-il pas meilleur que ceux de laPerse?—Non; nous avons en Perse unevoie plus simple et plus courte pourapaiser la faim : il ne nous faut que dupain et de la viande Sans appret; aulieu que vous, qui tendez au meme but,vous vous egarez gä et lä, et vous n’ar-rivez qu’avec peine, meme long-tempsapres nous. — Mais, mon fils, nous nesommes pas laches de nous egarer ainsi:tu connaitras ce plaisir quand tu aurasgoüle de nos mets. —Cependant, repli-qua Cyrus, je vois que tu en es toi-meme degoüte. — A quoi le vois-tu?—C’est que j’ai remarque que quand tu astouche ä ces ragouls, tu essuies promp-
tement tes mains avec une servielte,comme si tu etais fäche de les voirpleines de sauce, ce que tu ne fais pasquand tu n'as pris que du pain. — Ehbien, mon fils, use, si tu l’aimesmieux, de viandes sans appret, afin deretourner vigoureux dans ton pays. »En m§me temps il fit servir devantlui un grand nombre de plats, tant devenaison que d’autres viandes. AlorsCyrus lui dit : « Toules ces viandes,mon papa , me les donnes-tu ? puis-jeen faire ce que je voudrai ?—Oui, monfils, oui, je te les donne. » Sur cettereponse, Cyrus prit les mets, qu’ildistribua aux officiers de son grand-pere, en disant ä Tun : « Je vous faisce present, parce que vous me montrezavec alfection ä monter ä cheval; ä unautre, parce que vous m’avez donne unjavelot, et je l’ai encore; ä un troisieme,parce que vous servez fidelement mongrand-pere; ä un qualrieme, parce quevous reverez ma mere; ainsi de suite,jusqu’ä ce qu’il eül tout donne. — Etämon echanson Sacas, que je considerebeaucoup, pourquoi ne lui donnes-turien? » (Sacas etait un tres-bel homme,Charge d’introduire chez Astyage lespersonnes qui avaient ä lui parier, et derenvoyer celles qu’il ne croyait pas äpropos de laisser entrer.) Au lieu derepondre, Cyrus, comme un enfant quine craint pas d’6tre indiscret, interrogebrusquement son aieul : «Pourquoidonc as-tu tant de consideration pourSacas ? — Ne vois-tu pas, repliqua leroi, en plaisantant, avec quelle dexte-rite, avec quelle gräce il sert ä boire?»En effet, les echansons des rois medesservent adroitement; ils versent le vinavec une extreme proprele, tiennent lacoupe de trois doigts seulement, et lapresentent ä celui qui doit boire, demaniere qu’il la prenne sans peine.«Ehbien, dit Cyrus, commande, je te prie>