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XfiNOI'IION.
larmcs que Cyrus se separa d’eux. Onassure qu’il distribua ä ses jeunes amisune grande parlie des presens d’As-lyage; qu’il se depouilla, entre aulres,de sa robe medique, pour la donner äun de ses camarades, comme gage deson affection particuliere. Ceux quiavaient acceple les presens les ren-voyörent au roi, qui les fit remeltre äCyrus; mais tout fut renvoye en Medie.
« Si tu veux, ecrivail-il ä son a'ieul,que je relourne avec honneur dans tesEtats, permets que chacun garde ledonque je lui ai fait. » Aslyage se rendit auvceu de son petit-fils.
Je ne dois pas ometlre une anecdoteamoureuse. Au moment du depart deCyrus, tous ses parens, pres de le quit-ter, le baiserenl ä la bouche, suivant unusage des Perses qui s’observe encore äpresent,et prireni ainsi conge de lui. UnMede distingue par son merite, qui de-puis long-temps etait frappe de la beautede Cyrus, venait de voir donner le bai-ser du depart; il altendit que les parensse fussenl retires, puis s’approchant :
« Cyrus, lui dit-il, suis-je le seul de tesparens que tu meconnaisses? — Es-tuaussi mon parent ? — Assurement. —Voilä donc pourquoi tu me fixais; jecrois t’y avoir souvent surpris. — Jedesirais en effet de l’aborder; mais lesdieux m’en sont temoins, je ne l’osaispas. — Tuavais tort, puisque tu es monparent. » Aussi tot il s’avanoa vers luiet l’embrassa. Alors le Mede satisfaitlui deinanda si c’etait la coutume enPerse de saluer ainsi ses parens. « Oui,quand on se revoit apres quelque ab-sence, ou que l’on se quitte. —Tu doisdonc m’embrasser encore une fois; cartu vois que je prends conge de toi. »Cyrus l’embrasse, le congedie et se re- |lire. lls n’avaient pas fait beaucoup de Ichemin, chacun de leur cöte, lorsque Ile Mede revint sur ses pas, a bride 1
abattue. « Aurais-tu, lui cria Cyrus, enle voyant, oublie de me dire quelquechose? — Point du tout, je reviensapres une absence. — Oui, mon eherparent, mais qui est bien courte.—Courte, reprit le Mede! tu ne saisdoncpas qu’un clin d’oeil, sans voir unprincesi aimable, me paraitd’une bienlongue du ree ? » A ce propos, Cyrus,dont les larnies coulaienl encore, semit ä rire, el lui dit, en le quittant, deprendre courage; que danspeu de lempsil serait de retour, qu’alors il le ver-rait tout il son aise, sans cligner lesyeux , s’il le trouvait bon.
5. Cyrus, de retour en Perse, passaencore une annee dans la classe desenfans. Ses camarades le plaisanterentd’abord sur la vie effeminee dont il avaitsans doule conlracte l’habilude en Me-die ; mais quand ils virent qu’il s’ae-commodait de leur nourriture, de leurboisson, et que, si ä certains jours defete on servait quelque mels plusdeli-cat, loin de trouver sa portion tropmodique, il en donnait aux autres; en-fin lorsqu’ils eurent reconnu qu’ä tousegards il leur etait superieur, ils le re-garderent avec admiration. Ce courstermine, il entra dans la classe des ado-lescens, et s’y distingua de meme parson application aux divers exercices,par sa patience, son respect pour les an-ciens, et sa soumission aux magistrats.
Cependant Astyage mourut. Cyaxareson fils, fröre de la mere de Cyrus,prit les renes de la Medie. Dans le meinetemps, le roi d’Assyrie, apres avoirdompte la nombreuse nation des Sy-riens, assujetti le roi d’Arabie, soumisles Hyrcaniens, investi la Baclriane,se persuada qu’il subjuguerait aisement| tous les peuplescirconvoisins, s’il affai-j blissait les Medes, qu’ilregardaitcommeI les plus redoutables. Il depöcha donc1 des ambassadeurs vers les princes et