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Tome premier.
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XfiNOPHON.

soin , et qui ensuile, au lieu de recol-ter sesgrains, decueillirsesfruilsdansla saison, les laisseraii tomber ä terrc;ou bien ä un athlete qui, aprcs s’elrelaborieusement exerce, et s’ctre mis enetat de Hierher le prix, finirait par nepas entrer dans la lice ; car il mesemble qu’on pourrait aussi , sansinjustice , taxei' un tel homme de folie.

« Amis, qu’un lei malheur ne nousarrive point : et puisque la conscicnccnous dit que nous avons, des l’enfance,contracle l’babitude du courage et dela vertu, marchons ä l’ennemi, que jesais, pour l’avoir vu de pres, etre in-capable de tenir contre nous. On n’estpoint bon soldat poursavoir tirer del’arc, lancer le javelot, ou manier uneheval, si dans les grandes occasionson se laisse vaincre par la fatigue et lesveilles : or les Assyriens, peuple mou,ne peuvent ni soutenir les travaux, nivesister au sommeil. On n’esl pas bonsoldat si, liabile d’ailleurs, on n’a pasappris comment on doit se conduireavec. les allies et les ennemis : or il estclair qu’ils ignorenl eelte Science im-portante. Vous, au conlraire, vous sa-vez user de la nuit comme les autresusenl du jour; pour vous, le travail estla route du plaisir; la faim vous sertd’assaisonnement ; vous buvez l’eauavec plus de voluple que les lionsmeme; enfin vous avez penetre vosämes decetle noble passion qui fait lesguerriers, puisquevousaimezla louangeavant tout: or les hommes sensibles äla louange vont au-devant de ce quila procure, et supportent pour eile avecjoie les fatigues et les dangers. Au resle,si je vous parlais ainsi contre ma pen-see, ce serait me tromper moi-meme,puisque si vous me dementiez le blämede l’evenement retomberait sur moi.Mais non, mes esperances ne serontpoint troropees : j’en ai pour garans

ma propre experience, votre allache-ment pour moi, et la demence de nosennemis. Marchons avec confmnce;nous ne craignous [)oint lc lilre d’usur-pateurs. Une nation ennemie donne,parses hostililds, le signal de la guerre;une nation amie reclame notre secours.Est-il rien de plus jusle que de repous-ser la violence , rien de plus beau quede servir ses amis? Vous avez encoreun puissant motif de confiance; c’estque, dans celte expedition, je n’ai pointneglige les dieux : vous savez, vousavec qui j’ai vecu si long-temps, quedans les petites comme dans les grandesentreprises, je commence toujours parles implorer. Mais ä quoi bon vous endire davantage? Cboisissez les hommesque l’Etat vous accorde; failes vos pre-paratifs, et marcliez vers la Medio.Je vous suivrai de pres; il faut qu’au-paravant je voie mon pere : instruit dei’etat des ennemis, je ferais tout pourassurer, avec l’aide des dieux, le suc-ces de nos armes. » Tous s’empresse-rcnt d’executer ses ordres.

6. Cyrus, de retour aupres de sonpere, implora Vesta, Jupiter et les au-tres diviniles domestiques; puis il par-tit. Cambyse 1’accompagna jusqu’ä lafrontiere. 11s elaient ä peine sortis dupalais que les eclairs bri Herein; on ea-tendit quelques coups de tonnerrc d’unaugure favorable. A ces signes mani-festes de la protection du grand Jupiter,ils eonlinuerent lcur route sans atten-dre d’aulres presages.

« Mon Qis, dit Cambyse ä Cyrus en.marchant, il est evident, par lessacrificcset par les signes celestes, que les dieuxnous sont propices. Je pense que tu enes toi-meme convaincu; car je me suisapplique ä te donner cette intelligence.Je voulais que tu connusses sans inter-prete leurs volontes; que pour voir etpourentendre,tu n’eussesrecoursuiaux