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Tome premier.
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XÄNOPHON.

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bois, des rivieres;'quelles mesures onprend confre la cavalerie, les lanciers,les archcrs; quelle disposilion tu ferassi l’ennemi vient ä loi pendant que tumarches en colonne; quel mouvementtu dois faire si, tandis que tu marchesen ordre de bataille, il se prepare ät’attaquer en queue ou en flanc; enfin,par quel moyen tu peux decouvrir sesprojets et lui cacher les tiens. Plusd’une fois je t’ai dit sur cela tout ce queje savais ; d’ailleurs, tu n’as negligeau-cun des militaires qui te paraissaientinslruits, et tu as profile de leurs con-naissances. II ne s’agit plus, ce mesemble, qued’user ä propos des moyensque tujngeras convenables.

« Mais ce qui est bien important,apprends de moi, mon füs, a ne ja-mais, au mepris des auspices, exposerta personne ou ton armee, persuade queles hommes n’ont pour se conduire quedes conjectures, et qu’ils ignorenl quelprojet doil tourner ä leur avantage.Juges-en par des exemples. Combiend’hommes repules habiles politiquesonl conseille de porter la guerre ä desennemis qui «nt ecrase le peuple seduitpar uu fatal conseil! Combien, apresavoir conlribue ä l’elevalion d’un par-ticulier, ä l’agrandissement d'une re-publique, ont vu leurs Services payesdes plus indignes trailemens! Les unsont inieux aime pour esclaves que pouramis des gens avec qui ils pouvaicntavoir un commerce reciproquedebonsOffices : l’amour-propre offense les en apunis. Les autres, non contens de jouiragreablement de leur porlion de biens,jaloux de tout envahir, ont ete de-pouilles nie me de ce qui leur apparte-nait. D’autres, apres avoir amasse decet or, objet de taut de voeux, sontmorts vietimes de leur cupidile. Tautil est vrai que la [irudence humaine nesait pas mieux choisir que le hasard !

Mais les dieux, ö mon fils, qui tien»nent ä tous les temps, connaissent ega-lement le passe, le present, et ce quedoit amener chaeun de ces termes; ilsavertissent les morleis qui les consul-lent et qu’ils regardent d’un oeil favo-rable, de ce qu’il faut faire ou eviter.Ou’on ne s’6tonne pas si tous les hom-mes n’obtiennent pas leurs faveurs : lesdieux ne sont pas obligesde les accor-der ä eeux qu’il ne leur platt pas deproteger. »

LIVRE SECOND.

En discourant ainsi, ils arriventauxfrontieres de la Perse, oü ils aper<;oiventun aigle d’heureux augure qui semblaitles guider. Apres avoir prie les diviniteset les heros lutelaires de la Perse derecevoir favorablement leurs adieux, ilssortirent des frontieres. Des qu’ils leseurem franchies , ils supplierent lesdieux prolecleurs de Medie de les ac-cueillir avec bienveillance ; puis ilss’embrasserent selon l’usage. Cambysereprit le chemin de la Perse; Cyruss’avanfa dans la Medie, oü etait Cyaxare.

DesqueCyrus l’eut joint, aussitötapresles embrassemens aceoutumes, Cyaxarelui demanda combien il lui amenaildecombaltans. « Trente mille, lui repon-dit Cyrus, qui ont dejä servi sous vosdrapeaux et ä votre solde; il vous arrivede plus des homotimes qui ne sont ja-mais sortis de la Perse.—Combien sont-iis?—Si vous les complez, vous ne serezpas satisfait; mais songez que cette poi-gnee d’hommes qu’on appelle homo-times l’emporte facilement sur le restede la nation, toute nombreuse qu’elleest. Mais avez-vous besoin d’eux? nevous alarmez-vous pas en vain, sansque les ennemis approehenl?—Par Ju-piter! ils viennent, et meine en grandnombre. — Comment le savez-vous? —