Band 
Tome premier.
Seite
631
JPEG-Download
 

LA CYROPÄDIE. - LIV. II.

651

Par le rech unanime, ä quelques civ-constances pres, de beaucoup de Medesarrivant d’Assyrie. — II faut donc leseombatlre? — Nous y sommes con-traints. — Parlez-moi donc, el de nostroupes, et de celles qui marchent contrenous, puisque vous les connaissez. In-struits de l’etat des unes et des autres ,nous delibörerons sur les moyens decombaltre avec le plus grand avantage.—Ecoutez : Le Lydien Cresus esl, dit-on, accompagnö de dix mille cavaliers,et de plus de quarante mille, soit ar-chers, soit peltastes. Artamas, princedelaGrande-Phrygie, amene huit millecavaliers, et environ quarante mille tanllanciere que peltastes. Aribee, roi deCappadoce, a six mille cavaliers envi-ron, et non moins de trente mille ar-chers et peltastes. L’Arabe Mavagdasconduit ä peu pres dix mille cavaliers,Cent chars et quanlitd de frondeurs.J’ignore encore s’ils sont suivis desGrecs asialiques ; mais ceux qui occu-pent cette partie de la Phrygie siluetsur les bords de l’IIellespont doivent,dit-on , se joindre ä Gabee, qui peutavoir, dans les plaines du Caystre, sixmille chevaux et dix mille peltastes.Pour les Cariens, les Ciliciens, les Pa-phlagoniens, on dit qu’ils n’entrerontpasdans la ligue, quoiqu’on les ait sol-licites. Quant au inonarqueassyrien quiregne sur Babylone et sur le reste del’Assyrie, il amenera, je pense, vingtmille cavaliers au moins, deux centschars au plus, mais probablement ungrand nombre de gens de pied; c’est sacoutumequand il altaque nos frontieres.— Vous diles donc que les ennemis ontsoixante mille hommes de cavalerie etplus de deux cent mille peltastes ouarchers : quelles forces pretendez-vousleur opposer? — La cavdlerie mede estde plus de dix mille hommes : pour lespeltastes et les archers, notre pays en

fournira au plus soixante mille. Nousaurons , des Armeniens nos voisins ,quatre mille cavaliers et vingt millehommes de pied. — Selon vous, repar-lit Cyrus, notre cavalerie ne fait pas letiers de la cavalerie ennemie , et notreinfanterie n’est ä peu pres que la moi-tie de la leur. — Quoi, dit Cyaxare,est-ce qu’ä present vous regardez commepeu nombreux les Perses que vous ame-nez ? — Nous examinerons bientöt sinous avons encore besoin d'hommes ounon : maintenant apprenez-moi quelleest la facon de combaltre de chacune deces nations. — Pour toutes ä peu pres larneme; car nos gens et les leurs se Ser-vern de l’arc et du javelot. —Avec detelles armes il faul necessairement com-battre de loin. — Cela est vrai. — Lavictoire sera donc oü il y aura plus decombattans; car le grand nombre bles-sera et detruira plutöl qu’il ne serablesse et delruit par le petit nombre.— Dans ce cas, le meilleur expedientest d’envoyer chez les Perses, leur re-presenter que si la Medie eprouve unechec, ils auront tout ä craindre, etleur demander un renfort. — Sachezque quand tous les Perses viendraient,nous ne surpasserions pas encore lesennemis en nombre. — Voyez-vous unmeilleur moyen?— Pour moi, si j’etaisä votre place, je fabriquerais pour tousles Perses qui viennent apres moi desarmes pareilles ä celles que portent leshomotimes. Ges armes sont une cui-rasse pour couvrir la poitrine, un bou-clier dosier pour la main gauche, lecimeterre ou la haclie pour la droite.Par ce moyen, nos gens iront en avantavec une parfaite securite, et l’ennemipreferera la fuite ä la resislance. Nouscombattrons, nous , tout ce qui tiendraferme : nous vous chargeons, vous etvotre cavalerie, de poursuivre si bienles fuyards, qu’ils ne puissent ni s’ar-