X«NOPHON.
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mal reglde si les chevaux sont de forceinegale. Une maison ne peut elre bienadminislree par de mauvais serviteurs:il serait moins fächeux d’en manquerque d’en avoir qui la ruinent. Saehez,mes amis, qu’en renvoyant les mauvaissujels, non-seulement on gagne d’enetre debarrasse, mais de plus, parmiceux qui nous resteroni, ceux qui com-mencent ä se corrompre reprendrontieur ancienne purete. Enfin, la noted’infamie dont on aura fletii les me-chans deviendra pour les bons un nou-vel encouragemcnt ä la veriu. » Ainsipärla Cyrus; toute l’assemblee goütason avis et s’y conforma.
Cyrus voulait egayer de nouveau lasociete. S’etant aper^u qu’un laxiarqueamenait avec lui et faisait assenir sur lememe lit un homme ä longue narbe,extrömement laid, il lui adresse la pa-role : « Sambaulas, est-ce pour sabeaute, qu’ä la mode des Grecs, tumenes partout ce jeune homme qui estä table ä cöte de toi? — J’avoue, re-pondit Sambaulas, que j’ai beaucoupde plaisir ä le voir et ä vivre avee lui. »Aces mots, tous lesconvives regardenlle personnage en face : la vue de sonexcessive laideur excite un rire general.« Au nom des dieux, Sambaulas, ditquelqu’un, qu’a donc fait cet hommepourmeriler de toi une teile affeclion?
— Je vais vous le dire : en quelquetempsque je l’aieappele, soit le jour,soit la nuit, il n’a jamais allegue depretexte pour s’en dispenser; il est venunon ä pas lents, mais courant de toutesa force. Quelque ordre que je lui aiedonne, il l’a loujours execute avec laplus grande diligence : il m’a forme lesaulresdizainiers sur son modele, nonpar des paroles mais par ses exemples.
— S’il est tel que tu le depeins, dit undes convives, tu devrais l’embrassercorome on embtasse ses parens, — H
n’en fera rien, repartit le hideux Sol-dat ; il n’aime pas lesouvrages penibles;s’il m’embrassait, il meriterait dis-pense de toute espece d’exercices. »
5. On passant ainsi, dans la tentede Cyrus, du serieuxau plaisanl. Lors-qu’on eut fait les troisiemes libationset qu’ön eut implore les dieux, on sortitde la tente pour s’aller coucher.
Le lendemain , le prince assemblaloutes les troupes, et leur tint ce dis-cours : « Amis, le moment du combatapproche; les ennemis s’avancent. Sinous remportons la victoire (et il fautque nous en parlionssans cesse et quenous l’obtenions), nous avons dansnos mains leurs biens et leurs person-nes; mais vaincus, tous nos biens de-viennenl le prix du vainqueur. Saehezdonc qu’une armee dont les soldats sepersuadent qu’on ne peut reussir qu’au-tant que chacun payera de sa personneaura de prompts et brillans succes,parce qu’alors on ne neglige rien de cequ’il faut faire. L’armee, au contraire,oü chaque guerrier, se reposant surson compagnon, s’imaginerait qu’il y asans lui assez d’autres bras pour agiret combatlre, ne tarderait pas ä eprou-ver tous les malheurs ensemble. Ainsile veut la Divinite; eile donne desmaitres ä ceux qui ne savent pas se Com-mander eux-memes de glorieux tra-vaux. Que quelqu’un d’entre vous seleve, et qu’il dise par quel rnoyen i)pense qu’on excitera plus efficacementle courage. Sera-ce en accordant plusde distinctions a ceux qui auront essuyeplus de faligues et de dangers, ou enmonlranl ä tous qu’il est indifferentdetre lütche, puisque tous obtiendrontdes recompenses egales? »
A ces mots se leva l’un des homoti-mes, Chrysante, qui sous un exterieurpeu avantageux cachait une rare pru-dence:«Cyrus, en nous invitant a une