Band 
Tome premier.
Seite
645
JPEG-Download
 

A CYKOPBDIE. — UV. III. 64S

une armee, le chemin le plus doux estle plus court. Ne va pas non plus, sui-vant ton usage, traverser les montagnesen courant: modere ta marche; prendsun pas que tes troupes puissent suivre.II sera bon encore que quelques-uns desplus robustes et des p(us dispos fassenthalte; puis, le reste des troupes passe,ceux-^i doublant le pas encouragerontlesautres ä les imiter. » Chrysante l’en-tendit: glorieux de sa mission, il sortavec ses guides, donne les ordres ne-cessaires aux troupes qui devaient lesuivre, et prend ensuite du repos. Ondormit toul le temps convenable; puison s’avanga vers les montagnes.

Des que le jour parut, Cyrus en-voya un heraut au roi d’Armenie, aveccet ordre : « Roi d’Armßnie, Cyrus t’or-donne de te rendre sans delai aupres delui avec des troupes et le tribut que tudois. » « S’il te demande oü je suis, disfranchement que je suis sur la fron-tiere; si je marche en personne, re-ponds-lui, ce qui est vrai, que tu l’i-gnores; quel est le nombre de messoldats? dis-lui qu’il te fasse accompa-gner de quelqu’un pour en juger. » Endonnant celte instruclion au heraut, iltrouvait plus humain d’avertir ainsi leioi que d’entrev sur ses lerres sans leprevenir. Cependant, il marchait ä latele de ses troupes, rangees dans lemeilleur ordre, soit pour la marche,soit pour le combat; ordonnant au Sol-dat de respecter les personnes, de ras-surer les Armeniens qu’il rencontrerait,et de leur declarer qu’ils seraient libresd’apporter dans le camp les vivres qu’ilsauraient ä vendre.

LIVRE TROISlfiME.

Telle 6tait la conduite de Cyrus. Leroi d’Armenie fut f rappe de ce que l’en-voye lui disait de la pari de Cyrus : il

se sentait coupable pour n’avoir ni payele tribut, ni envoye des troupes äCyaxare. Ce qui ajoutait encore ä soneffroi, c’est qu’on allait decouvrir qu’ilcommen^ait ä fortifier sa ville capitale,de maniere ä pouvoir s’y defendre.Agite de toutes ces craintes, il envoiefä et Iä, il rassemble ses troupes; ilfait passer dans les montagnes, sousbonne escorte, Sabaris, le plus jeunede ses fds, la reine, ses fdles, la femmede son fds aine, ses bijoux, ce qu’ilavait de plus precieux, et detache descoureurs pour observer ce que faisaitCyrus. Il armait tous les Armeniensqui se trouvaienl aulour de sa personne,lorsqu’on vint lui annoncer que Cyrusmarchait sur ses pas. Loin d’oser semeltre en defense, il s’eloigne; les Ar-meniens, ä son exemple, regagnent enhäte leurs maisons pour mettre leurseffets en sürete. Cyrus, voyant la plainecouverte de gens qui se sauvaient avecleurs troupeaux, envoya dire qu’on neferait aucun mal ä ceux qui demeure-raient, mais qu’on traileraitenennemisceux qui seraient pris en fuyant. Le plusgrand nombre resla : quelques-uns sui-virent le roi. D’un autre cöle, ceux quiescortaient les princesses vers les mon-tagnes , ayant donne dans l’embuscadede Chrysante, pousserent un grand criet furent presque tous pris dans leurfuite. Le fils du roi, ses femmes, sesfilles lomberent au pouvoir de l’en-nemi, ainsi que tout ce qui marchaitä leur suite. A cette nouvelle, le roi,incertain du parti qu’il prendrait, sesauva sur Jes hauleurs; Cyrus, quiavait vu ce mouvement, l’inveslit aus-sitöt avec les troupes qu’il avait sous lamain, et fit dire ä Chrysante de quitlerla montagne pour le venir joindre.

Tandis que l’armee se rassemblait,il envoya au roi d’Armenie un herautchargd de lui faire ccltc question :