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Tome premier.
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646
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XfiNOPIION.

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« Roi d’Armenie, que preferes-tu, derester oü lu es pour luller contre la soifet la faim, ou de descendre dans laplaine pour combatlre contre nous? ■>Sur la reponse du roi qu’il ne voulaitavoir affaire ni ä Tun ni ä i’autre decesennemis, Cyrus, par l’organe desonheraut, lui dit encore : « Pourquoi, aulieu de descendre, restes-tu ä ce poste ?

— Parce que je suis incertain de ce queje dois faire.— Peux-tu liesiter, puis-qu’il ne lient qu’ä toi de venir defen-dre la cause? — Qui sera mon juge?

— Pas d’autre que celui que les dieuxont fait l’arbitre absolu de ton sort. »Contraint par la necessite, il descenditde sa colline. Cyrus le regut, lui et sasuite, au milieu deson armee, qui, de-venue complete par l’arrivee de Chry-sante , l’environna de toutes parts.

Tigrane, filsainedu roi d’Armenie,qui avait souvent chasse avec Cyrus,arrivait alors d’un voyage en paysetranger. Informe de ce qui se passe,sur-le-champ memeet dans l’equipagede voyageur, il va trouver le princeperse. On congoit qu’en voyant sonpere, sa mere, ses soeurs, sa femmeprisonniers, il versa des larrnes. Cyrusborna (out son accueil ä lui dire: « Tuarrives ä temps pour assister au juge-fnent de ton pere. » Bientöt il assembleles chefs des Perses et des Medes, mandeaussi les grands d’Armenie, et permetaux femmes qui etaient dans leurs cha-riots d’ecouter ce qu’il allait dire. Lors-que tout ful pret, il coinmcnga en cestermes : « Roi d’Armenie, je le con-seille avant tout de ne rien di r e que devrai dans ta defense, afin d’eloigner detoi le plus odieux des crimes, car ludois savoir que l’imposlure rend tout-ä-fait indigne de pardon. Tes enfans,ces femmes, les Armeniens ici presensconnaissent tous la conduile : s’ils en-tendent le mensonge sortir de la bouche

et que je decouvre la verite, ils juge-ront que lu te condamnes ä subir lesderniers supplices. — Demande-moi cequ’il te plaira ; je ne deguiserai rien,quoi qu’il en puisse arriver. — Repondsdonc n’as - tu jamais fait la guerre ämon aieul maternel Astyage et aux Me-des? — Oui. — Apres la defaile, nepromis-tu pas de lui payer un tribut,de marcher sous ses drapeaux en quel-que lieu qu’il te l’ordonnät, et de n’a-voir aucune place forte? — Cela esl vrai.— Pourquoi donc n’as-tu envoye nitribut, ni soldats? pourquoi as-tu for-tifie tes places? — Je desirais m’alfran-chir: il me semblait si beau de recou-vrer ma liberle, de la transmeltre ämes enfans! —11 est beau, sans doute,de combattre pour echapper ä l’escla-vage : mais si un homme vaincu dansun combat, ou asservi de loute autremaniere, tentait ouvertement de se de-rober ä ses maitres, dis-moi toi-meme,lerecompenserais-iu commeun hommegenereux, louable dans sa conduite,ou le punirais-tu comme criminel ? —Je le punirais : il faut bien que je l’a-voue,puisque tu me defends de menlir.

« Reponds donc clairemenl ä cha-cune de mes queslions. Si quelquegrand de tes Etats manquait aux devoirsde sa Charge, la lui laisserais-tu, ou leremplacerais-lu par un autre ? — Je leremplacerais. — Si cet homme posse-dait de grandes richesses, lui permet-trais-tu d’en jouir, ou le depouillerais-tu? — Je le depouillerais de tout ce qu’ilse trouverait posseder. — Et si lu de-couvrais qu’il eüt quelque intelligenceavec tes ennemis, que ferais-lu?—Jelui öterais la vie : eh ! ne vaut-il pasmieux que je meure disant la verite queconvaincu de mensonge? »

A ces mols, son fds arracha sa tiarede dessus la töte, et dechira ses vete-mens. Les femmes, poussant de grands