XfiNOPHON.
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main matin , aux portes du palais deCyaxare. Ses ordres furent ponctuelle-ment executes; le lendemain, ä lapointe du jour, les officiers se trouve-rent au lieu du rendez-vous. Cyrus,eianl enlre avee eux, adressala paroleau roi, en ces termes :
« Ce que j’ai ä dire, Cyaxare, sansdoute vous l’avez dejä pense commelious : peut-etre n’osez-vous proposerde faire sortir l’armee de la Medie,dans la crainte qu’on ne vouscroie lasde nous fournir des subsistances. Maispuisque vous gardez le silence, je vais,moi, parier et pour vous et pour nous.Prepares au combat, nous estimonstous que nous ne devons point alten-dre l’entree de l’ennemi sur vos terres :au lieu de demeurer tranquilles dansun pays ami, allons porter la guerredans celui des ennemis. Tant que nousrestons chez vous, nous y causons in-volontairement dudommage; sur leurterriloire, au contraire, nous pillerionsavec plaisir. D’ailleurs il vous en coütebeaucoup icipour nous entretenir; lä,nous vivrons ä leurs depens. S’il de-vail y avoir plus de danger pour nousen Assyrie qu’en Medie, nous aurionstort, sans doute, de ne pas choisir leparti le plus sür; mais soit que nousaltendions, soit que nous allions au-devant, ils seronl toujours les memesliommes. Nous, de nolre cöte, soitque nous altendions ici l’irruplion del’ennemi, soit que nous allions lui li-vrer bataille, nous serons egalementles memes. Mais que dis-je? prevenons-le avec i’ardeur de gens qui ne crai-gnent pas son approche. Nous aurons,nous, d’intrepides soldats. Pour eux,ils seront bien plus epouvantes quandils apprendront que, loin d’allendre,renfermes dans nos foyers et tremblans,qu’ils viennent devaster nos terres,nous les prevenons en portant leravage
sur les leurs. Rien ne nous imporleplus que de fortifier, par la confiance,les ämes de nos soldats, et d’affaiblir,par la peur, celles de nos ennemis. Leperil alors ne sera plus egal, selonmoi, il diminuera pour les uns etcroitra pour les autres. J’ai souventoui dire ä mon pere, ä vous-meme,et tout le monde en convient, que lecourage decide du sort des combalsbien plus que la force. »
Ainsi parla Cyrus. Cyaxare lui re-pondit en ces termes : « Cyrus, etvous, Perses ici presens, ne me soup-gonnez pas de vous fournir ä regrel dessubsistances ; je pense neanmoins,ainsi que vous, qu’il n’y a rien demieux ä faire que d’enlrer en Assyrie.— Puisque c’esl l’avis general, repritCyrus, preparons nos equipages; etsiles dieux sont pour nous, partons sansdißferer. » Apres avoir ordonne auxsoldats de preparer leurs bagages, ilsacrifia d’abord au dieu supreme, puisaux autres divinites, les priant defavoriser sesdesseins, de servir de gui-des ä l’armee, de lui preter leur assis-lance, de combatlre avec eile, et d’in-spirer aux cliefs des conseils salutaires.11 invoqua pareillement les heroshabi-lans et tulelaires de la Medie. Des qu’ilvit les sacrifiees favorables, et l’armeedejä rassemblee sur la frontiere, il par-tit sous les plus heureux auspices. Ason arrivee dans le pays ennemi, il fitdes libations ä la Terre, pour se larendre propice : il apaisa, par desvic-times, les dieux et les heros de l’Assy-rie; puis il sacrifia de nouveau ä Jupi-ter, protecleur de sa patrie, sansoublier aucun des autres dieux que samemoire lui rappelait.
Toutes les ceremoniesachevees, l’in-fanterie se mit en marche et campa äune petite distance de la frontiere, tan-dis que la cavalerie courait la campa-