LA. CYROPf-DIE.
Ix loi, qui jouissait de la paix dans sesClats, ajouia de nouvelles troupes a cellesqu’il avail d<?jä donnces; et Cyrus sortitmoins riebe des sommes qu’il avaitreyues que des tresors dont sa bienfai-sanee pourrait disposer au besoin.
L’annee campa ce jour-lä sur la fron-tiere. Le lendemain, il renvoya son ar-mee et son argem ä Cyaxare, qui, sui-vant sa promesse, s’etait approche ;pour lui, partout oü il trouvait desbfetes fauves, il prenait, avec Tigrane etquelques seigneurs perses, le divertis-sement de lacbasse. Lorsqu’il fut arriveen Medie, il distribua ä chaque taxiar-que une somme süffisante pour accor-der des dislinclions aux soldats qui lesavaient meritees; persuade que si cha-que officier meltait sa troupe sur unbon pied, l’armee entiere se trouveraitdans lemeilleur elat. Voyail-il quelquechose qui püt, dans son armee, paraitreavec avantage, il se la proeurait pourla distribuer ä ceux qu’il en estimait lesplus dignes. « Des troupes bien entrele-nues sont, disait-il, l’ornement dugeneral. » Pendant qu’il faisait ses dis-tribulions, Cyrus adressa ce discoursaux taxiarques, aux chefs d’escouadeel ä tous ses autres officiers : « Mesamis, nous avons de jusles sujets denous livrer ä la joie, puisque noussommes dans l’abondance, et que nouspourrons desormais accorder des rc-compenses proportionnees au meritedecbacun. Mais n’oublions jamais parquels moyens nous avons acquis lant debiens. Avec un peu de reflexion, voussenlirez que nous en sommes redeva-bles ä nos veilles, ä nos travaux, ä not recelerite, ä notre superiorite sur l’en-nemi. Perseverez dans ces sentimens,convaincus que la soumission, la pa-tience, la fermete dans les dangersconduisent ä des plaisirs purs, au bon-heur. »
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Trouvant alors ses soldats assez en-durcis au travail pour supporter lesfaligues de la guerre, assez aguerrispour mepriser l’ennemi, bien exercesau maniement des armes, adroils ä s’enservir, et accoulumes ä la Subordina-tion , il resolut de formev incessammentquelque entreprise. Il n’ignorait pasqu’un general, en temporisant, a sou-vent perdu le fruit des plus grands pre-paratifs : il voyait d’ailleurs que l’emu-lation a disputer le prix des exercices,devenue (rop vive parmi ses soldats,degenerait en jalousie. Il prit donc leparti de les mener ä l’ennemi. II savaitqu’un senliment d’affection mutuelleattacbe Tun a l’autre des bommes quiparlagcnt les memes perils : bien loinde porter envie a celui qui a de plusbelles armes, äcelui qui a la passion dela gloire, on le loue, on I’affectionne,on ne voit plus en lui que ce qu’il faitpour le bien general. Apres avoir doncarme ses soldats le mieux qu’il pul, etles avoir ranges en bataille, il appela lesmyriarques, les ebiliarques, les taxiar-ques et les chefs d’escouade. Ces officiersn’enlraient point dans les rangs : s’ilsallaienl prendre les ordres du general,ou lui rendre compte, les douzainierset les sixainiers conlenaient les soldats,qui, par ce moyen, ne restaient jamaissans chefs.
Lorsque tous ceux dont la presenceetait necessaire furent assembles, il lespromena dans les rangs, leur en fitremarquer les bonnes dispositions, elleur dit quelle partie des auxiliairespromettait davantage. Apres avoir ex-cite en eux la volonte d’agir, il leurdit de retourner chacun ä leurs postes,d’inslruire les troupes de ce qu’ils ve-naicnl d’apprendre de lui, et d’echauf-fer tellement le coeur des soldatsqu’ils marehassent avec ardeur ä l'en-nemi» enfin de se trouver, le lende-