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Tome premier.
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LA CYROPfcDIE. - LIV. IV.

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d’Assyrie etait mort, qu’ils ölaient de-faits, que Ja lerreur etait generale parmiles troupes, que leurs allies se decou-rageaienl et les abandonnaient, ilsjugerent l’occasion favorable pour serevolter, pourvuque Cyrus voulüt, deconcert avec eux, attaquer l’ennemicommun. Dans ce dessein, ils depute-rent vers Cyrus, dont la derniere ba-taille avait rendu le nom tres-celebre.

Les envoyes lui exposerent les motifsde leur haine contre les Assyriens, luioiTrirent, s’il voulait marcher contreeux , de le seconder et de lui servir deguides. Ils s’etendirent, pour l’exciter(’orlemenl ä cetle enlreprise, sur I’etatpresent des ennemis. Cyrus leur de-rnanda s’iis pensaient qu’on püt lesjoindre avant qu’ils gagnassent leursforteresses; car, ajouta-t-il, pour leurdonner une haute idee des Perses, nousregardons comme un revers que les en-nemis nous aient echappe. Les envoyesrepondirent qu’on les joindrait en par-lant le lendemain de grand matin; queleur nombre et l’embarras des chariolsrendaient leur marche pesanle; que deplus, n’ayanl poinl repose lanuit prece-dente, ils n’avaient fait qu’une petitetraite. « Quelle assurance, reprit Cy-rus , nous donnerez-vous que vous ditesla verite ? — Si demain, repliquerent-ils, nous partons ä la poinle du jour,nous vous amenons des olages: engagez-nous seulement votre foi en presencedes dieux, et tendez-nous la main afinque nous porlions ä nos compatriotescesgages de votre parole. » Cyrus juraque s’iis tenaient leurs promesses il lesregarderait comme des fideles amis etne les traiterait pas moins bien que lesPerses et les Medes. Encore aujourd’huil’on voit les Hyrcaniens jouissant d’unegrande conliance et admis ä lous lesemplois comme les Medes et les Persesles plus consideres.

Les troupes avaient soupe et il etaitencore jour : Cyrus leur ordonna desortir de leurs tentes, et pria les am-bassadeurshyrcaniens dedemeurer pourles accompagner. Tous les Perses,comme cela devait etre, furent bientöthors du camp, ainsi que Tigrane et sesArmeniens. Les Medes venaient en foules’offrir ä Cyrus : les uns, parce qu’ilsavaient ete ses amis dans son enfance;les autres, parce qu’en chassant avec luiils n’avaient eu qu’äse louer de sa dou-ceur. Ceux-ci lui savaient gre de lesavoir delivres d’uri grand efiroi; ceux-lä, en le voyant vertueux, esperaientqu’un jour il deviendrait monarqueheureux, grand et puissant; d’autresvoulaienl s’acquitler des Services qu’illeur avait rendus dans le temps de soneducation chez les Medes; et certes ilavait fait beaucoup d’heureux ä la courd’Astyage, tant il aimait ä obliger. L’es-poir du butin en atlirait d’autres : lebruit s’eiait repandu que les Hyrcaniensqu’ils voyaient devaienl les conduire äun riebe pillage. Cyrus se vit donc suivide presque tous les Medes, ä l’exceptiondes officiers de la maison de Cyaxare;ceux-ci resterent avec leurs soldats. Lesautres partirent avec l’allegresse et l’ar-deur de gens qui marchent sans con-trainte, de plein gre, avec affectionpour leur general. Lorsque l’armee en-tiere fut sortie du camp, Cyrus vint auxMedes les premiers. Apres avoir loueleur bonne volonte, il pria les dieux deles assister eux et les siens, et de lemettre lui-meme en etat de reconnaitreleur züle. Il ordonna ensuite que l’in-fanlerie marchäl la premiere, que lacavalerie mede la suivit, et que toutesles fois qu’on ferait halte pendant laroute, ou qu’on prendrait du repos, oneüt soin de detacher vers lui quelquescavaliers pour leur donner les ordresnecessaires.