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Tome premier.
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666 x£nophon.

Apres cesdispositions, il commandaaux Hyrcaniens de se mettre ä la töte del’armee. « Pourquoi, lui dirent-ils,n’attendez-vous pas, avant de marcher,que nous ayonsamene nos otages pourgarans de notre fidelil6? — C’esi que jeconsidere, repondit Cyrus, que nousavons tous des garans dans notre cou-rage et dans la force de nos bras. Noussommes dans une posilion ä pouvoirvous recompenser, si vons diles vrai;maissi vous nous trompez, nous croyonsque, loin de dependre de vous, noussaurons, avec la protection des dieux,devenir les arbitres de volre sort. Aureste, puisque, selon volre rapport,vos compatriotes sont ä la queue de l’ar-mee, monlrez-nous-les des que vous lesdecouvrirez, afin que nous les epar-gnions. » Les Hyrcaniens, ä cesmots,se mirent, selon son commandement,ä la tete des troupes. Penetres d’admi-vation pour sa magnanimite, ils ne re-doutaient ni les Assyriens, ni les Ly-diens, ni ieurs allies; ils craignaienlseulement que Cyrus ne jugeät indiffe-rent de les avoir ou de ne les avoir paspour auxiliaires.

On raconte que la nuit etant survenuependant qu’ils elaient en route, une lu-miere brillante , qui partait du ciel, ser£pandit soudain sur Cyrus et son ar-mee, ce qui excila dans toutes les firnesune frayeur religieuse et redoubla leurardeur.Comme les troupes inarcbaienlä grands pas, et legerement eq 11 i|nies,eiles fuent tant de chemin , qu’ä lapointe du jour eiles avaient dejä joint lecorps des Hyrcaniens. D’aussi loin queles envoyes les virenl: Voilä nos corn-patrioles, direm-ils ä Cyrus; nous lesreconnaissons ä leur posilion ä la queuede l’armee et ä la multitude des l'eux.A rinstanl il leur lit dire par un de sesenvoyes que s’ils etaient amis ils vins-sent promptement ä lui la main droite

levee. Il deputa aussi quelqu’un dessiens : il le chargeail de dire aux Hyr-caniens qu’on en agiraitaveceuxcommeils en agiraienteux-memes. Tandis quel’un des deux envoyes hyrcaniens allaitversses compatriotes, l’autre demeuraaupres de Cyrus, qui fit faire halte pourobserver comment les Hyrcaniens secomporteraient. Danscet inlervalle, Ti-grane et les chefs des Medes piquerenlvers lui pour lui demander ce qu’ils de-vaientfaire.«Cestroupesque vousvoyezpres de nous, repondit-il, sont cellesdes Hyrcaniens : un de Ieurs envoyes,accompngne de quelqu’un des nötres,est alle leur dire que s’ils sont amis ilsaient ä venir ä nous en levanl la maindroite. S’ils se presentent ainsi, quechacun de vous ä son rang leur repondepar le mßme signe et lesrassure; maiss’ils prennent Ieurs armes ou qu’ilscherchent a s’enfuir, faites ensorte qu’iln’en echappeaucun. »

Tel fut l’ordre de Cyrus. Les Hyrca-niens, de leur cöle, eurentä peineen-tendu les propositions des envoyes,que, Iransportes de joie, ils monterentä cbeval, et arriverent la main droitelevee, comme cela etait convenu. LesMedes et les Perses leur repondirent parle m6me signe et par l’accueil le plusamical. « Hyrcaniens, dil ensuite Cy-rus, desormais nous avons en vous uneeniiere confiance : que la völre soit re-ciproque. Commencez par nousappren-dre ä quelle dislance nous sommes dulieu qu’oecupent lescliel's des ennemisavec le gros de Ieurs troupes. » Ils re-pondirent que la dislance n’etait guere(jue d’une parasange.

« Perses et Medes, continua le prince,et vous a qui je parle comme ä des al-lies qui parlageront nolre fortune, Hyr-caniens , ne perdez pas de vue que noussommes dans une conjoncture oü l’in-dolence attirerait sur nous tous les mal-