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eurem appris des fuyards , qui lesavaient alieints , ce qui s’etail passe,ils se mirent ä fuir ä bride abaüue.Cependant les Hyrcaniens tuerent lesrois des Cappadociens et des Arabes ,qui n’avaient pu s’eloigner, et quifirent bonne resislance , quoiqu’ilsn’eussent pas eu le temps de prendreleurs armes. La plus grande perle futdu cöle des Assyriens et des Arabesqui, elant dans leur pays, n’avaient paspresse leur marche. Tandis que lesMüdes et les Hyrcaniens, usant du droitdes vainqueurs, poursuivaient les enne-mis, Cyrus ordonna aux cavaliers restespres de lui d’investir le camp, et detuertous ceux qu’ilsen verraient sortirarmes : quant ä ceux qui n’en sortaientpas, cavaliers, peltastes et arcbers, ilfit publier qu’ils apportassent leurs ar-mes liees en faisceaux, et laissassent leschevaux au piquet devant les tentes,sous peine de mort en cas de desobeis-sance. Les cavaliers perses, l’epeeä lamain, investirent le camp. Ceux des en-nemis qui avaient des armes les appor-terentdansun lieu designe; et dessoldalspreposes par le general y mirent le feu.
Cyrus n’ignorait pas que ses troupesen partant ne s’etaienl point pourvuesdemunitionsde bouche, sanslesquellesil n’est possible ni de s’engager dansune expedition militaire, ni de (enteraucuneautre entreprise. Comme ilson-geait auxmoyensdes’enprocurer abon-damment et promptement, il se dit älui -rnüme qu’une armee en Campagneavait toujours ä sa suite des valels et despourvoyeurs, tant poursoigner les ten-tes que pour fournir aux soldats, lors-qu’ils y rentrent, les choses necessaires;et il jugea que vraisemblablement c’e-tait surtout de cette Sorte de gens qu’onvenait deprendredans lecamp ennemi,parce qu’ils etaient occupes des baga-ges. 11 fit donc publier, par un herauf,
que tous les pourvoyeurs se prüsenlas-sen! sur-Ie-charnp; que s’ilen manquailquelqu’un , le plus ancien de la tentevint ä sa place ; menagant les rebellesde loute sa severile. Les pourvoyeurs ,voyant que leurs mailres eux-memesse soumetlaient, se liäterent d’obeir.Quand ils furent arrives, Cyrus ordonnaque ceux qui, dans leurs tentes, avaientdes vivres pour plus de deux moiseussent ä s’asseoir. Puis les ayantcomptes des yeux, il donna le rnümeordre ä ceux qui n’avaient des vivresque pour un mois ; et presque tous setrouverent dans ce cas. S’etant instruitainsi de l’elat des provisions: « Si vouscraignez, leur dil-il, les mauvais traite-mens , et que vous vouliez gagner nosbonnes gräces, ayez soin de preparerdanscbaque tente , pour les mailres etles valets , le double de ce que vousfournissiez chaque jour; que rien nemanque pour un bon repas , car nosgens reviendront aussitöt qu’ils aurontfait une deroute complete, et ils exige-ront qu’on satisfasse largement ä leursbesoins. Sachez qu’il vous imporlequ’ils n’aient point ä se plaindre de lareception qui leur sera faite. »
A ces mots tous se mirent en devoird’execuler ses ordres. Pour lui, il as-sembla ses taxiarques, et leur tinl cediscours : « Mes amis, je vois qu’il netient qu’ä nous de nous meltre ä table,en l’absence de nos allies, et de pro-liier des apprets faits avec tant de soins.Mais je crois que nous gagnerons rnoinsä faire bonne chere qu’ä montier quenous nous occupons de nos camarades.Un bon repas augmenterait-il nos forces,aulant que JVflection de nos allies? Sipendant qu'ils poursuivent nos enne-mis, qu’ils les taillent en pieces, qu’ilsopposent peut-etre encore la force ä laforce, nousleurtümoignionsassez d’in-difference pour nous livrer au plaisir de