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Tome premier.
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XfiNOPHON

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les Assyriens menaient avee eux. C’estencore aujourd’hui lacoutume des peu-ples de l’Asie, lorsqu’ils vont ä )aguerre ■, ils se font suivre de ce qu’ilsont de plus precieux. Ils disent qu’äla vue de ce qui leur est eher, ils com-batlenl plus vaillamment, et sententla necessite d’une vigoureuse defensePeut-ötre est-celäleur motif; peut-etreaussi l’amour du plaisir y enlre-l-ilpour beaucoup.

Cyrus, en voyant ce qu’avaient faitles Medes et les Hyrcaniens , ressentitpresque du depit contre lui-meme etcontre ceux qui l’entouraienl : la bra-voure des Perses conlraints de resterdans l’inaclion lui semblait effacee parcelledes allies. Ceux qui amenaient lebutin au camp le lui moniraient, etretournaient aussilöl a la poursuite desennemis, suivant l’ordre qu’ils disaientavoir re§u de leurschefs. Cyrus, quoi-que mortifie ä la \uc des effets qu'onapportait, les fit langer separement. IIassembla de nouveau ses taxiarques; ets’etant place dans un lieu d’oü il pou-■vait etre entendu de tous, il leur tintcediscours :

« Vousjugez, comme moi, que sinous etions maitres des biens que voici,ilsenrichiraient tous les Perses, et nousprincipalement, qui les merilons parnos travaux; mais je ne vois pas com-ment nous en emparer , puisque nousserons trop faibles, tantque nousman-querons de cavalerie nationale. Consi-derez que nous portons des armes pro-pres ä meltre en deroute les ennemisque nous combaltrons de pres, maisquand ils läeheront pied, commentpourrons-nous, avec detelles armes etSans chevaux, ou faire prisonniers, outuer descavaliers, des archers, des pel-tasles, des gens de trait, qui fuirontde toutes leurs forces? Qui les enipe-chera de lbndxe s«r nous et de nous

I harceler, sachanl que nous ne sommes| pas plus ä craindre pour eux que desarbres qui ne sauraient courir. Aussiest-il clair que les cavaliers qui nousaccompagnent croient avoir sur le bu-tin autant, peut-fetre rn£me plus dedroit que nous. Voilä notre Situation.N’est-il pas evident que si nous parve-nons ä nous procurer une cavalerie quine le cede pas ä la leur , nous pourronsexeculer seuls les enlreprisesauxquellesnous lesassocions mainlenanl, el qu’ilsen deviendront beaucoup moins avan-j tageux?car, lorsque nous noussuftironsi ä nous-mömes, nous nous embarrasse-rons peu qu’ils veuillenl rester, ou nousquitter. D’apresces raisons, voussenteztous, je crois, combien il importe auxPerses d’avoir un corps de cavalerie na-tionale. Peut-etre trouvez-vous de ladifficitlte a le former : examinons doncet les nioyens que nous avons, et cequi nous manque. On a pris dans lecamp grand nombre de chevaux, desfreins pour les conduire, et les autresharnais necessaires : nous y trouvonsaussi cequ’il faut pour armer uncava-lier, deseuirassespour couvrir lecorps,desjavelots, soil pour les lancer, soitpour lesteniräla main. Quefaut-il deplus? des liommes? C’est ce qui nousmanque le moins ; car rien n’est plusä nous que nous-meines. On m’objec-tera peut-etre que nous ne savons pasmanier un clieval. J’en conviens; maisceux qui le savent maintenant l’igno-raient avant de l’avoir appris. Ils sesont formes des leur jeunesse, medirez-vous encore. Eh quoi! lesenfansont-ils plus de disposition que lesliommes fails pour apprendrece qu’onleur dit ou qu’on leur montre ? Et les-quels, des liommes faits ou des enfans,sont les plus capables d’executer cequ’ils ont appris? J’ajoute que nousavons plus de loisiv que les enfans et