Band 
Tome premier.
Seite
674
JPEG-Download
 

674

XtNOPHON.

de lui de prendre quelques cavaliers ,de courii aprüs les troupes qui nvaientsuivi Cyrus, et de dire de sa pari ä ceprince : « Je necroyais pas, Cyrus, quevous fussiez capable de me traitcr silegürement, ui que vous, Müdes, cou-;naissant le projet du prince, vous vou-lussiez y concourir par votre abandon.Que Cyrus revienne s’il veut; maisvous, revenez en diligence. » Tel futl’ordre de Cyaxare. « Seigneur, dil l’en-vove, coinment trouver les Müdes? —Com ment ont fait Cyrus et ceux quiraccompagnent, repliqua le roi, pourtrouver les Assyriens? — J’ai ou'i dire,repondit l’envoye, que quelques Ilyr-caniens, deserleurs de l’armüe enne-mie, sont venus ici et lui ont servi deguides. » Cyaxare, beaucoup plus irrilede ce que Cyrus ne l’avait point instruitde ce fait, n’en fut que plus ardent ärappeier ses troupes pour affaiblir l’ar-mee de son neveu , et prit un ton plusmenaryanl qu’auparavant, tant conlreles Müdes qui ne reviendraient pas, quecontre l’envoye, s’il n’execulait pas saCommission avcc vigueur. Le Müde par-lil ä la tüte d’une centaine de cavaliers,tres-afflige lui-meme de n’avoir passuivi Cyrus. Eiant arrives ä un endroitoü le cliemin se parlageail en plusieursroutes, ils en prirent une qui les egara,et ne rejoignirent l’armee de Cyrusqu’aprüs avoir rencontre par basardquelques Assyriens fugitifs, qu’ils obli-gürent de les conduire au camp : encore >n’y arrivürenl-ils qu’au milieu de lanuil, ä la faveur de la clarte des feux.Les gardes, conformement aux ordresde Cyrus, ne laissürent pas enlrer avantle jour. Düs qu’il parut, Cyrus fit appe-ler les mages, et leur ordonnn declioi-sir dans le butin les dons qu’il elaitd’usage d’offrir aux dieux, en recon-naissance de leur bienfaisaute piotcc-tion. Pendant que les mages executaient

cet ordre, il convoqua les homotimeset leur clit :

«Soldals, c’est ä la Divinite que nousdevons les ricbesses immenses que vousavez sous les yeux; mais nous sommesen (rop petit nombre pour les conser-ver. D’un cöte, si nous ne veillons pasä la garde de ces biens, fruits de nos tra-vaux, ils passeroiil en d’autres mains;de 1’autre, si nous laissons ici destroupes, nous serons visiblement sansforces. Je suis donc d’avis que quel-qu’un de vous aille incessamment in-struire les Perses de nolre Situation, etles presser de nous envoyer sans delaiun renfort, s’ils aspirent a l’empiredel’Asie et ä la possession de toutes sesricbesses. Vous, le plus äge d’entrenous, partez : rendez-leur compte deletal des clioses; ajoutez que je meCharge de fournir ä l’enlrelien des sol-dals qu’ils m’enverront. Vous voyez lestresors que nous possedons; ne leur ca-cbez rien. Demandez ä mon pere quelleportion je dois envoyer aux dieux de laPerse et aux magistrats, quelle portionrcvient ä la republique. Qu’on depuleaussi vers nous des ofliciers publics,pour inspecter ce qui se passe ici etpour formet' conseil. Allez vous prepa-rer, et prenez une escouade qui vousservira d’escorte. »

Cyrus fit ensuite appeler les Müdes.L’envoye de Cyaxare parut au milieud’eux. 11 parla publiquement de la co-lüre de son maitre contre Cyrus, de sesrnenaces contre les Müdes, et finit pardeclarer que Cyaxare leur enjoignait deretourner vers lui, quand müine Cyruss’obstinerait ä resler. Les Müdes, ä ces[»aroles de l’envoye, demeuraienl inter-dits : ils n’avaient point de pretextepour desobeir au roi, qui les rappelait;mais, le connaissanl pour un maitre im-pitoyable, ils craignaient, en obeissant,

Peffet de ses rnenaces, Cyius peil la