LA CVROPfcDIE.
LIV. IV.
le Iraiterons, non comme un captif,mais comme bienfailcur et anii. Rete-nezbien ce queje vous dis et l’annon-cez ä vos compatriotes. S’il s’en trouvaitqui osassent contrarier votre voeu, me-nez-nous vers eux, afin qu’ils sachentque c’est ä vous de donner la loi et nonde Ia recevoir.» Ainsi parla Cyrus. Lesprisonniers se prosternerent ä ses piedset promirent d’executer ce qu’il avaitpresent.
5. Lorsqu’ils furent partis : « Medeset Armeniens, dit Cyrus, il est tempsque nous pensions ä prendre notre re-pas : nous vous avons fait pr§parer,avec tout le zele possible, ce qui vousest necessaire; allez. Vous nous enver-rez la moitie de la provision de pain;il y en a suffisamment pour nous tous;n’envoyez ni viande ni boisson, nousen avons ce qu’il nous faul. Vous,Hyrcaniens, conduisez-les aux tentes :vous donnerez les plus grandes auxchefs; vous savez oü elles sont : lesautres seront partagees aux soldats dela maniere que vous jugerez la plusconvenable. Allez ensuite souper ä vo-tre aise; vos tentes ne sont point en-dommagees; tout y est pret commedans les autres. Soyez sans inquietudesur la garde des deliors du camp pen-dant cette nuit : nous nous en char-geons; veillez seulement ä celle du de-dans, et, comme les prisonniers qui sontdans les tentes ne sont pas encore nosamis , ne quittez pas vos armes. » LesMedes et les soldats de Tigrane, voyantqu’en effel tout etail pret pour le repas,allerem se laver; puis, ayant changed’habit, ils souperent. Les chevauxn’avaient point eie oublies; ils neman-querent de rien. Les Medes et les Arme-niens envoyerent aux Perses la moitiede leurs pains, mais sans y joindre nivin ni viande, parce que Cyrus leuravait assure que ses soldats en avaient
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abondamment : or, il avait voulu direseulement que la faim leur tenait lieude bonne chere, et que l’eau du fleuvesuffisail pour leur boisson. Lorsque lesPerses eurent soupe et que la nuit futvenue, Cyrus fit partir plusieurs deta-chemens, les uns de cinq hommes, lesautres de dix, avec ordre de se rnettreen embuscade autour du camp afin quepersonne n’y enträl, et qu’on arretätceux qui voudraient en sortir avec dubutin, comme il arriva effectivement;car plusieurs prisonniers tenterent des’evader. On en saisit quelques-uns :Cyrus les fit etrangler, et laissa l’argentqu’ils emporlaient aux soldats qui lesavaient pris. 11 arriva delä qu’on n’au-rait pas depuis rencontre un seulhommequi sortit de nuit. C’est ainsi que lesPerses passerent cette nuit. Quant auxMedes, ils burent, mangerent, danse-rent au son des flütes, et se rassasierentde plaisirs : on avait trouvö dans lecamp de quoi occuper agreablement desgens qui ne voulaient pas dormir.
Or, la nuit meme du depart de Cy-rus, Cyaxare, en rejouissance de la vic-toire, s’elait enivre avec ses courtisans.Comme il entendait un grand bruit, ilne doutait pas que presque tous lesMedes ne fussent restes. Mais ce bruitelait cause par les valets, qui avaientpris sur les Assyriens du vin et des vi-vres, et qui, en l’absence de leurs mai-tres , avaient bu outre mesure. Quandil fut jour, le roi, elonne que personnene se presentäl ä sa porte, exceple ceuxqui avaient soupe avec lui, et apprenantque les Medes avaient quitte le campavec leurs cavaliers, sortit de sa tente,et reconnut qu’on lui avait dit la verite.Alors il entra dans une etrange colerecontre Cyrus et les Medes, qui s’enetaient alles et l’avaient laisse seul.Comme il etait dur et violent, il char-gea un de ceux qui se trouvaient pres
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