LA CYROPftDIE.
UV. IV.
677
propre bien. Si quelqu’un habite unetente mal pourvue, supplöez ce qui Iuimanque. Je ne doute pas qu’apres cettedistribution il ne vous reste encore biendes choses; car les ennemis en avaientplus qu’il n’en faut pour notre armee.Les tresoriers du roi d’Assyrie et desautres princes ses allies sont venusm’avertir qu’ils avaient dans leurs cais-ses de l’or monnaye, provenant de cer-tains tributs dont ils m’ont parle.Sommez-les par un heraut de vousl’apporter au lieu que vous indiquerez,sous des peines qui intimident quicon-que vous desobeirait. Lorsque cet ar-gent sera entre vos mains, vous le par-tagerez de fagon que le cavalier ait ledouble du fantassin; par-lä, vous aurezde quoi acheter ce qui vous manquerait.Faites, des ä present, publier liberteenliere dans le marche du camp; queles vivandiers et les marchands puis-sent exposer en süretö leurs denrees,les vendre, en apporter d’aulres, afinque notre camp soit frequente. »Onfilaussitötlaproclamation.« Mais,dirent les Medes et les Hyreaniens, com-ment faire ce partage sans que vous ysoyez presens, vous et vos Perses ? —Pensez-vous, repondit Cyrus, qu’il nese doive rien faire que l’armee entieren’y prenne part? N’est-ce pas assez,quand les circonstances le comman-dent, que nous agissions, moi pourvous, et vous en notre nom ? Exiger leconcours de tous, n’est-ce pas le moyende multiplier les affaires et d’avancerpeu? Considerez que nous avons gardele butin et que vous l’avez cm biengarde; chargez-vous ä votre tour de ladistribution, que nous trouverons bienfaite : nous vaquerons, nous,- ä d’au-tressoinsqui puissent concourirau biencommun. Prdsentement, ajouta-t-il,comptez les chevaux que nous avionset ccux qu’on nous amene. Si on ne
les monte, loin de servir ils embarras-seront par le soin qu’il en faudra pren-dre; mais si nous les donnons ä descavaliers, nous serons delivres de cesoin et nous augmenterons nos forces.Si vous avez ä qui les donner, et avecqui vous prdferiez de courir les hasardsde la guerre, favorisez-les : si vous ai-mez mieux nous avoir pour compa-gnons, donnez-les-nous. Lorsque seulsvous poursuiviez les ennemis, nouscraignions pour vous des malheurs,nous rougissions de ne pouvoir parta-ger avec vous le danger; mais quand onnous donnera des chevaux, nous vousaccompagnerons partout. Si vous jugezqu’ä cbeval nous soyons plus utiles, jeme Halte que notre ardeur ne sera pointen defaut : si vous nous croyez pluspropres ä vous seconder en combattantä pied, nous serons bientöt descenduset devenus fanlassins; nous trouveronsalors des gens qui garderont nos che-vaux.— Seigneur, repondirent les Me-des et les Hyreaniens, nous n’avonspersonne ä qui nous destinions ces che-vaux; et quand nous aurions l’inten-tion de les donner, nous y renoncerionspuisque vous les desirez : disposez-encomme il vous plaira; ils sont ä vous.— Je les accepte, dit Cyrus; puissions-nous etre desormais cavaliers ä notreplus grand bien! Partagez, ajouta-t-il,le butin qui reste en commun : mettezpremierement ä part pour les dieux ceque les mages indiqueront; puis choi-sissez pour Gyaxare ce qui vous parai-tra lui devoir ötre le plus agreable. — Ilfaut, s’ecrierent-ils en riant, lui choisirde belles femmes. — Des femmes, soit,repartit Cyrus; autre chose encore, sivous le voulez. Je vous recommande ävous, Hyreaniens, de faire en sorte queles Medes, qui m’ont suivi de hon gre,n’aienl point sujet de se plaindre; et ävous, Medes, de traiter les Hyreaniens,