LA CYROPßDIE. — UV. V.
quelqu'une de ses possessions; de soncöt6, il fera sur nous quelques prison-niers, nommement ceux qui doiventaller par mon ordre vers les peuples quevous m’avez dit etre ennemis du roid’Assyrie. Les prisonniers interroges re-pondront qu’ils allaient chez ces peuplespour faire apporter des echelles au chä-leau : Gadalas, feignant d’appreitdrecelte nouvelle, ira promptement trou-ver le gouverneur, sous pretexte de luidonner avis de notre entreprise. — Sil’on suit cette conduite, dit Gobryas,je suis convaincu que le gouverneur re-cevra Gadatas dans la place, qu’il lepriera mßme d’y demeurer avec luijusqu’ä ce que tu en sois eloigne. —Crois-tu que Gadatas, quand il sera en-tre dans le chäteau, puisse le remettreenlre nos mains? — La reddition en eslcertaine si, tandis qu’il fera toutes sesdisposilions au dedans, tu attaques vi-goureusement les dehors. — Pars donc,instruis-le bien, et reviens sans diffe-rer. Tu ne saurais ni lui rien dire, nilui rien montier qui depose miyrx enfaveurde notre bonne foi que le traile-ment que tu as regu de nous. » Gobryasse mit en chemin : Gadalas, ravi de levoir, convint de toul a Ws. lui; et l’ac-cord fut conclu.
In forme par Gobryas que l’enliereexecution du projet paraissait etre as-suree, Cyrus attaque des le lendemain,et, malgre la resislance apparente de Ga-datas, empörte une forteresse dontlui-m&me avait conseille le siege. Quant auxenvoyes que Cyrus avait depeehes versdifferens peuples, Gadatas en laisseechapper quelques-uns, afin qu’ils ra-raenent des troupes et apportent desechelles : mais il en arrele plusieurs,qu’il interroge en presence de temoins.11 apprend d’eux l’objetde leur mission;il fait ses preparalifs pour son depart,et des la nuit meine il se met en route,
sous pretexte d’alier averlir le gouver-neur. On ajoute foi a ses paroles; il en-lre dans le chäteau comme auxiliaire.De concert avec le gouverneur, il dis-pose tout pour la defense; mais ä l’ap-proche de Cyrus, il se rend maitre de laplace, aide des prisonniers perses qu’ilavait emmenes.
Apres avoir etabli l’ordre necessairepour la sürete de sa conquete, il vinttrouver Cyrus; et, l’adorant selon l’u-sage : « Seigneur, lui dit-il, livre-toi äla joie. —Oui, je m’y livre tout entier,repartit Cyrus, puisque les dieux, d’ac-cord avec toi, ne m’y invitent pas seu-lement, mais qu’ils m’en font un devoir.Je m’eslime heureux de laisser nos alliestranquilles possesseurs de ce chäteau.Pour toi, Gadalas, si le roi d’Assyriet’a prive, comme on le dit, de la faculted’avoir des enfans, il ne t’a pas öte cellede te faire des amis. Crois que ton ac-tion t’en assure ä jamais ; et tu trouve-ras en nous, autant que nous le pour-10 ns, les mörnes secours que si tu avaisdes fds et des petits-fils. »
Comme il parlait encore, le princehyrcanien, informe de ce qui s’etaitpasse, accourut, et, lui prenant la maindroite : « 0 tresor de tes amis! s’ecria-t-il, ö Cyrus, combien tu me rendsredevable envers les dieux qui m’ontmenage ton alliance ! — Va, repartitCyrus, prendre possession de celte placequi m’attire de la pari ces temoignagesd’alfection; gouverne-la de maniere quecette conquete soit precieuseä ta nation,ä nos allies, surtout ä Gadatas, ä quinous la devons et qui nous l’abandonne.— Ne serait-il pas ä propos, repritl’Hyrcanien, ä l’arrivee des Cadusiens,des Saces et de mes compalriotes, d’in-diquer une assemblee ä laquelle Gadatasserait invite, afin que tous les inte-resses ä la Conservation de cetle forte-resse aviscnt ensemble aux moyens d’en
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