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Tome premier.
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XfolOPHON.

ses cavaliers perses d’accompagner lescoureurs. Plusicurs revinrent renversesde leurs chevaux; plusieurs rapporte-rent un butin considerable.

Pendant qu’on exposait cebutin, Cy-rus convoqua les chefs lant des Medesque des Ilyrcaniens, et les bomotimes.

« Mes amis, leuv dit-il, Gobryas nous adonne bien genereusement l’hospitalite.Si apres avoir choisi dans le butin cequ’on doit, suivant l’usage, offrir auxdieux, et en avoir retenu une portionpour l’armee, nous lui abandonnionsle surplus, nous ferions une chose loua-ble, et l’on verrait que nous tächonsde surpasser nos bienfaiteurs en genero-site. » Cette proposition fut ie(;ue avecacclamation et generalement applaudie.« Nedifferons pas, dit quelqu’un ; Go-bryas nous a pris pour des miserables,pnree que nous ne sommes point venuscharges de dariques, et que nous nebuvons point dans des coupes d’or : ceprocede lui apprendra qu’on peut avoirl'ame noble sans etre riche. — Allezdonc, reprit Cyrus, remettez aux magesles offrandes destinees pour les dieux;reservez les provisions necessaires ä l’ar-mee; appelez ensuite Gobryas, et don-nez-lui le reste du butin. » Ce qui futexecute ponctuellement.

Cyrus ensuite avanga vers Babyloneavec son armee rangee dans l’ordre oüeile etait le jour du combat. Yoyant queles Assyriens ne venaient point ä sa ren-contre, il chargea le meme Gobryasd’aller leurdiredesa pari, que si leurroi voulait sorlir pour en venir auxmains, Cyrus etait pret; mais que s’ilne defendait pas ses etats, il eüt ä sesoumeltre.

Gobryas, s’etant avancejusqu’oü il lepouvait sans danger, s’aequitta de saCommission. Le roi lui envoya cette re-ponse: « Voici, Gobryas, ce que dit tonmailre Je me repens, non pas d’avoir

tue ton fils, mais de ne t’avoir pas faitmourir comrne lui. Si vous voulezunebataille, revenez dans trente jours;presentement nous sommes occupes:nous faisons nos preparatifs. — Puissece repentir, s’ecria Gobryas, ne finirqu’avec ta vie! car je vois que depuisqu’il est enlre dans ton äme je fais tontourment. » Il revint rendrecomptedela reponse de l’Assyrien; sur quoiCyrusfit relirerses troupes, et parlant ä Go-bryas : « Tu disais, je crois, que leprince mulile par le roi d’Assyrie sejoindrait ä nous?—Je n’en saurais dou-ter, d’apres plusieurs entretiens oü nousnous parlions avec franchise. — Puis-que tu penses ainsi, va le trouver; ef-forcez-vous d’abord, toi et lestiens,dedecouvrir ce qu’il pense; lorsque en-suite tu t’entretiendras avec lui, si tujuges qu’il desire veritablement ßtredenos amis, il faudra prendre toutes lesmesures pour qu’il ne transpire rien denotre intelligence. A la guerre, on nesei t jamais mieux ses amis qu’en pas-sant pour leur ennemi; et jamais on nenuit plus sürement ä sesennemis qu’enparaissant leur ami. — Oui, je suis cer-tain, repartil Gobryas, que Gadataspayerait fort eher le plaisir de faire beau-coup de mal au roi d’Assyrie : il s’agitde voir comment il peut lui nuire.

« Penses-tu, demanda Cyrus, quele gouverneur de ce chäleau situe surla frontiere du cöte des Hyrcaniens etdes Saces, et que tu dis avoir ete bälitant pour les contenir que pour servirde boulevart au pays en cas de guerre,voulüt y recevoir Gadalas s’il s’en ap-prochait avec des troupes? — Oui,pourvu qu’il s’y presentät tandis qu iln’est pas suspecl. — Eli bien, il ne lesera pas, si je vais assieger ses placesforles, comme pour m’en rendre mai-tre, et qu’il m’oppose, lui, une vigou-reuse resislance. Je m’emparerai de