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Tome premier.
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LA CYROPfiDlE. — LIV. V.

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quelle il n’eut point de poste fixe : ilallait sans cesse d’un endroit ä l’autre,visitant les difierens corps et pourvoyantä leurs besoins.

4. Cependant un des principaux of-ficiers de la ca Valerie de Gadatas, con-siderant que son maitre avait secoue lejoug du roi d’Assyrie, s’imagina que siGadatas eprouvait un revers, il pourraiten obtenir la depouille. Dans cette pen-see, il depöche au roi l’un de ses plusfideles serviteurs, Charge de lui dire,s’il le trouvait sur les terres de Gadatasavec son armee, qu’il serait facile defaire tomber dans une embuscade lerebelle et toutes ses troupes.

L’envoye devait encore declarer auroi quelles etaient ces forces, le preve-nir que Cyrus ne les accompagnait pas,lui apprendre par quel chemin ce princearriverait. Pour s’attirer plus de con-fiance, il ecrivait ä d’autres serviteursqu’ils livrassent au monarque assyvienun chäteau qu’il possedait dans les etalsde Gadatas, avec tous les effets qui yetaient renfermes. Il mandait de plusau roi que s’il reussissait il le joindraitquand il aurait tue Gadatas; s’il man-quait son coup, il passerait du moinsä son Service le reste de sa vie. L’en-voye se rendit en diligence aupres duroi, et lui declara ce qui l’amenait.Aussitöt le roi s’empare de la forteresseet fait posier dans les villages voisins,qui se touchaient presque les uns lesautres, un gros corps de cavalerie etdes chars. Gadatas, arrivö pres de celieu, envoya quelques soldats ä la de-couverte. Des que le roi les vit appro-cher, il fit sortir deux ou trois chars etun petit nombre de cavaliers, qui avaientordre de prendre la fuite comrae desgens qui ne sont point en force et quiont peur. Les soldats de Gadatas, lesvoyant fuir, se mettent ä les poursuivre,et font signe ä leur chef d’avancer.

Gadatas, trorape par le stratageme,poursuit ä toute bride. Les Assyriens lecroyant ä leur discretion sortent d’em-buscade. A cette apparition, Gadatasfuit; on lecharge avec furie : letraitrequi en voulait ä ses jours l’atteint, lefrappe et le blesse ä lepaule d’un coupqui ne fut pas mortel. Apres ce bei ex-ploit, il pari pour joindre les Assyriens.Il en est reconnu, pousse vigoureuse-ment son cheval, et avec eux, secondele roi dans la poursuite des fuyards.Plusieurs, qui avaient des chevaux pe-sans, furent fails prisonniers par desennemis mieux rnontes. La cavaleriede Gadatas, dejä epuisee desfatigues dela route, etait pres de succomber, lors-qu’on vilCyrusarrivant avec son armee.

Il faut croire que ce fut avec cettejoie que ressentent des navigateurs quidecouvrent le port, apres la lempete.Cyrus fut d’abord surpris de ce qu’ilvoyait : mais quand il fut instruit etqu’il eut reconnu que les Assyriens ve-naient ä lui, il fit avancer contre euxson armee en bataille. Les Assyriens,de leur cöte, ayant vu le danger, pri-rent la fuite, et furent poursuivis parle corps de troupes commande pources sortes d’occasions. Cyrus continuad’avancer avec le reste de l’armee, afind’appuyer son detachement. On prit,dans cette deroute, plusieurs chars ,dont les cochers avaient ete renversesen voulant tourner pour s’enfuir, oupar d’autres accidens : quelques-unsfurent coupes dans le chemin, et saisispar les cavaliers, qui luerent un grandnombre d’ennemis, entre autres, letrailre qui avait blesse Gadatas. Quantä l’infanterie assyrienne qui assiegeaitson chäteau, une partie se sauva enfuyant dans la forleresse qu’on avaitlivree au roi d’Assyrie; l’autre avaitprevenu l’arrivee des Perses, et s’etaitrefugiee dans une grande viile depen-