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Tome premier.
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692 XfcNOPHON.

les instrumens de son art et les remedesqu’il emploie, etqu’un general eüt as-sez peu d’inlelligence pour ignorer lesnoms de ses officiers, qui sont les in-strumens dont il se serl pour attaquerou pour defendre, pour animer la con-fiance ou jeter la terreur.

Voulait-il donner ä quelqu’un unemarque de consideration, il lui parais-sait honnete de l’appelerpar son nom.11 etait persuade que des guerriers quise croient connus du genöral cherchentplus ardemment les occasions de se faireremarquer par quelque action d’eclat,el se rendent plus atteniifs ä ne rienfaire qui les deshonore. Ce serait, di-sait-il, une sottise ä un general, lors-qu’il a des ordres ä donner, d’imitercertains maitres qui, chez eux, disentvaguement : qu’on aille chercher del’eau; qu’on fende du bois. A. de pareilscommandemens, ajoutail-il, les ser-viteurs se regardent Tun l’autre, sansqu’aucun mette la main ä l’oeuvre :quoiqu’ils soient lous en faule, nuld’entre eux ne s’accuse, nul ne craint lapunition , parce que la faule est com-mune ä tous. C’est pour cela que Cyrusnommait toujoursceux ä qui il donnaitun ordre. Telle etait sur ce point samaniere de voir.

Les soldais, qui pour lors avaient finileur repas, etablirent des gardes, ra-masserent le bagage, et allerem se re-poser. Vers le milieu de la nuit, latrompetle donne le signal. Dans le mo-ment Cyrus, apres avoir dit ä Chry-sante de se tenir durant la route ä latöte de l’armee, sorlit accompagne deses aides-de-camp. Chrysante parulbientöt emmenant les soldais cuirasses:Cyrus lui donna des guides, et lui en-joignil de marcher lentement jusqu’äce qu’il lui expödiät un nouvel ordre ;car toutes les troupes n’etaient pas en-core en mouvement. Pour lui, restant

au meme lieu, il faisait langer les sol-dais ä mesure qu’ils arrivaient, et en-voyait presser ceux qui etaient les moinsdiligens.

Quand elles furent toutes en marche,il depecha des cavaliers pour en donneravis ä Chrysante, et lui dire qu’ildoublät le pas : il partit ensuite ä che-val pour gagner la töte de l’armee. Ilexaminait sans rien dire les differentescompagnies; s’il voyait des soldais mar-cher en silence et bien alignes, il s’ap-prochait d’eux, demandait leur nom,et des qu’il le savait, il leur donnait deseloges. S’il remarquait de la confusiondans quelque endroit, il tächait d’endemöler la cause et d’y remedier. J’ou-bliais une de ses precautions dans cettemarche de nuit. Il fit preceder loutel’armee d’un peloton degens hardis eldispos, qui pussent voir Chrysante eten ötre vus: ils devaient l’avertir de toutce qu’ils entendraient ou decouvri-raient. Cette troupe etait commandeepar un officier ebargö de les equiper, etde transmettre ä Chrysante les avis im-portans, sans le fatiguer de rapportsinuliles. C’est ainsi qu’ils marcherentcette nuit-lä.

Lorsque le jour parut, Cyrus laissa,pour soutenir l’infanterie cadusienne,qui venait la derniere, la cavalerie de lameine nation , et fit prendre les devansaux autres corps de cavalerie; parceque, ayanl l’ennemi en töte, il voulaitötre en etat, ou de combattre avec toutesses forces s’il trouvait de la rösistance,ou de poursuivre les fuyards si on enapercevait quelques - uns. Dans cettevue, il avait toujours sous la main desescadrons tout pröts ä donner la chasseaux ennemis, si la circonstance l’exi-geait, et d’autres qui restaient aupresde lui; car il ne souffrait pas que lacavalerie entiere se dölachät. Telle futla disposition de sa marche, durant la-