fjA CYROPfiDlE. - UV. V.
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Le lendemain Cyaxave se mit en che-min aveccequilui restaitdecavaliersmedes. Quand Cyrus eut lieu de croireque ee prince approohait, il se hätad'aller ä sa rencontre, ä la tele de lacavalerie perse, qui formait un corpsassez nombreux, et de cello des Medes,des Armeniens, des Ilyicaniens, aux-quels il joignit ceux d’entre les autresnllies qui etaient les mieux montes etles mieux armes ; il montrail ainsi äson oncle l’etat deses forces. Cyaxare,voyant Cyrus accompagned’un si grandnombre de gens d elile, tandis que luin’avait pour cortege qu’une petitetroupe peu imposante, se sentit bumi-lie, et congut un violent cbagrin. Cyrusdescendit de cheval, et s’avanga pourl’embrasser, selon l’usage. Cyaxare des-cendil aussi, mais detourna son visage,et, au lieu de recevoir le baiser de sonneveu. il fondit en larmes, devanttQUle l armee.
Alors Cyrus fit retirer un peu ä l’ecart ceux qui l’accompagnaient; et pre-nant Cyaxare par la main, il le menasous des palmiers qui etaient pres duchemin, fit etendre des tapis de Medie,invita le roi ä s'asseoir, et, s’etant misä ses cöles : « Au nom des dieux, moneher oncle, dites-moi pourquoi vousÖles indispose coutre moi; que voyez-vous ici qui puisse vous cliagriner? —C’est, repondit Cyaxare, parce que moiqui n’ai, de memoire d’bomme, quedes rois pour aieux, qui suis fils de roi,roi moi-möme, je me vois arrivant icidans l’equipage le plus humiliant; tan-dis qu’entoui'6 de mes sujets et d’ungrand nombre d’autres troupes, vousparaissez avec toul l’eclal de la gran-deur et de l’aulorite. Cerles,il seraitdur de recevoir de ses ennemis un pa-reil affront : combien, grand Jupiter,est-il plus cruel de l’essuyer de la paride ceux de qui on ne devait pas l’al-
tendre! Oui, j’aimerais mieux mourirdix fois que d’ötre vu dans cet abaisse-ment, expose ä l’abandon, ä ia risee demes sujets; enr je sais que non-seule-menl votre pouvoir, mais celui m&mede mes esclaves, est au-dessus du mien;et qu’ils viennent ä ma rencontre plusen elat de m’offenser que je ne le suisde les punir. »
En proferant ces mots, ses larmescoulerent avec plus d’abondance; Cy-rus ne put relenir les siennes. Puis, s’e-tant un peu remis : « Vous vous irom-pez, Cyaxare, lui dil-il, et vous jugezmal si vous pensez que ma presenceaulorise les Medes ä vous manquer im-punement. Je ne suis etonnö ni de votrecolere, ni de vos crainles. Je n’exami-nerai poinl si vous avez raison, ou non,d’ßlre irrile conlre eux; peut-elre souf-fririez - vous impatiemment ce que jediiais pour leur justification. Mais je nevous le dissimulerai pas, je regardecomme une grande faule, dans unhomme revölu de 1’autorite, de mena-cer ä la fois tous ceux qui lui sont sou-mis. S’il en epouvante beaucoup, il sefait necessairement beaucoup d’enne-mis; s’il les menace tous, necessaire-ment il les invile tous ä se tenir etroite-ment unis. Pourquoi ne vous ai-je pasrenvoye vos troupes, avant de revenirvers vous? c’est que j’apprehendais quevotre courroux ne vous exposät ä quel-que chose de fächeux, qui nous auraittous aflligiis. Gräce aux dieux, vousserez ici ä l’abri de ce danger. Quant äl’idee qui vous est venue que je vous aimanque, il est bien douloureux pourmoi, pendant que je travaille de'toutesmes forces pour le plus grand avanlagede mes amis, qu’on me soupfonne d’a-voir des desseins contraires ä leurs in-lerßls. Mais cessons de nous accuserlegerement; voyons plutöt, s’il est pos-sible, en quoi consiste 1’olTense dont