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Tome premier.
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A CVROPßDIE. — uv. VI.

delib6ration; savoir, lequel est le plusä propos, ou de continuer la guerre, oude Iicencier les troupes. »

Pendant que Cyaxare soupait, Cyrusassembla ceux de ses amis qu’il jugeales meilleurs pour le conseil et pourl’aclion. «Mes amis, leur dit-il, lesdieux ont exauce nos premiers voeux :nous sommes mailres de toul le paysque nous avons parcouru; nous voyonsnos adversaires s’affaiblir, nos troupesplus nombreuses et plus redoulables.Dans cette posilion , si les allies quinous accompagnent veulent demeureravec nous, nous pouvons pretendre äde plus grands exploits, en employantä propos soit la force , soit la persua-sion. Vous n’etes donc pas moins Inte-resses que moi ä faire en sorte que laplus grande partie de ces allies ne nousquilte point. Comme celui qui dansunebalaille fait le plus de prisonniers eslestimele plus vaillant, de meine celuiqui dans un conseil sait amener le plusgrand nombre de personnes ä son avis,passe , ä bon droit, pour le plus ha-bile dans l’arl de parier et de persuader.Cependant, ne vous appliquez pas äoffrir de l’eloquence dans les discoursque vous tiendrez ä chacun d’eux enparticulier; mais parlez demaniere queleurs actions prouvent que vous les avczpersuades. Occupez-vous de cette lacheimportante. Pour moi, je vais, autantque je le puis, pourvoir ä ce que les sol-dats aient le necessaire, avant qu’onleur propose de deliberer sur le projetde continuer la guerre ? »

LIVRE SIXlßME.

La journee ainsi passee, l’on soupa,puis on alla se reposer. Le lendemain,des le matin, tous les allies se rendirentaupres de Cyaxare, D6jä il entend le

bruit de la foule qui se presse aux por-tes de sa tente. Pendant qu’il s’habil-lait, les Perses presenterent ä Cyrus,Tun des Cadusiens , qui le priaient dedemeurer, un autre les Hyrcaniens,celui-ci Gobryas , celui-lä le chef desSaces : Hystaspe amenait l’inforluneGadatas , qui de meme conjurait Cyrusde ne pas l’abandonner. Cyrus, quisavait que Gadatas mourail de peurquel’armee ne füt licenciee, lui dit enriant : « II est clair, Gadatas, quec’est Hystaspe qui t’a suggere les sen-timens que tu manifestes. » Gadatas,levant les mains au ciel, jura qu’Hys-taspe n’y avait aucune pari : « Maisje vois, ajoula-t-il, que si vous vousrctirez avec vos troupes , c’en est faitde mes possessions ; voilä pourquoi jesuis venu en personne demnnder ä Hys-taspe s’il connaissait la resolulion rela-tive au licenciement des troupes. — Ace qu’il parait, dit Cyrus , j’ai tort dem’en prendre ä Hystaspe. — Oui, Cy-rus , oui, tu as tort; car moi-meme jelui ai represente que tu ne pouvais res-ter, parce que ton pere le rappelait,

— Que dis-tu , tu as ose decider de ceque je ferais ou ne ferais pas ! — Celaest vrai; je te vois une si grande impa-tience d’aller te montrer en Perse , etfaire ä ton pere le recit delaille de cha-cun de tes exploits! — Et toi, n’as-lunulle envie de relourner dans la patrie?

— Non , par Jupiter, non, je ne m’enirai point; je resterai , les armes ä lamain , jusqu’ä ce que j’aie soumis leroi d’Assyrie ä Gadatas que tu vois. »

Pendant ce badinage , soulenu d’unton serieux, Cyaxare, magnifiqurmentvelu , sonit de sa tente, et alla se pla-cer sur son trönc. Ouand tous ceux quidevaient assister au conseil fureul as-sembles, et qu’on cut fait silence :« Genereux allies, dit Cyaxare, puisqueje me trouve ici, et que je suis l’aine