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XfcNOPIION.
de Cyrus , permettez que je prenne lepremier la parole. Je pense donc qu’ilest maintenant essentiel pour nousd’examiner si nous devons continuer laguerre, ou licencier l’armee. Quequel-qu’un dise son avis. .
Le prince d’Hyrcanie se leva. « Bra-ves compagnons, dit-il, je ne vois pasqu’il soit besoin de deliberer, IorsqueJes choses indiquent ce qu’il y a demieux ä faire. Nous savons lous qu’endemeurant unis, nous faisons plus demal ä l’ennemi qu’il ne nous en fail;et que pendant que nous etions separes,il nous traitait d’une maniere aussi sa-lisfaisanle pour lui que fächeuse pournous.
« A quoi bon, dit le chef des Cadu-siens, döliberer si nous devons partird’ici, pour aller separement dans nosmaisons, nous qui ne pouvons sansdanger , meme les armes ä la main ,nous eloigner de vous; nous qui, vousle savez, avons ete punis pour nous enetre ecartes un moment ? »
Apres le Cadusien, ce Mede qui s’e-tait dit aulrefois le parent de Cyrus,Artabase, prenant la parole : « Pourmoi, Cyaxare, j’envisage la questionbien autrement que les preopinans. Ilspretendent qu’il faut rester ici pourfaire la guerre : moi, je declare quec’elait en Medie que la guerre avail lieu.Alors il me fallait lantöt courir ä la de-fense de nos biens qu’on enlevait, tan-töt veiller ä celle de nos chäleaux me-naces, presque toujours en alarme etsur la defensive ; et cette guerre elait ämes frais. Actuellement nous tenons lesforteresses des ennemis; je ne les re-doute point; je fais d’ailleurs bonnechere ä leurs depens ; d’oü je conclusque notre existence, dans notre pays,etanl un elal de guerre continuelle, etla vie mililaire qu’on mene ici une feiecontinuelle, on ne doit point rompre
cette sociale. » Apres Artabase, Go-bryas parla : « Chers allies, jusqu’apresent je n’ai qu’ä me louer de la droi-ture de Cyrus; il n’a manque ä aucunede ses promesses : mais s’il abandonnece pays, le roi d’Assyrie jouira doncen paix de ses injustices; il vous auraimpunement insultes; et moi, loind’etre venge du mal qu’il m’a fait, jeserai une secondefois puni d’etre entredans votre alliance. »
Lorsqu’ils eurem tous dit leur avis,Cyrus parla en ces termes : « Bravesguerriers, je ne doute point non plusqu’en congediant nos troupes, notreparti ne devienne plus faible, et celuides ennemis plus fort ; car ceux qu’ona depouilles de leurs armes en aurontbientöt fabrique d’autres; ceux dontona pris les chevaux seront bientöt re-montes ; les morts seront bientöt rem-places par une florissante jeunesse quileur succedera : en sorte qu’il ne faudrapas s’etonner si dans peu ils nous susci-tent de nouveaux embarras. Pourquoidonc ai-je conseille ä Cyaxare de mettreen deliberation si on licencierait l’ar-mee? c’est que je crains l’avenir. Jevois avancer contre nous des ennemis,ä qui nous ne pourrons resister dansl’etat oü nous sommes.
« L’hiver approche; et si nous avonsun abri, nos chevaux, nos valets, lessimples soldats n’en ont pas, eux sansqui l’on ne saurait faire la guerre,Quant aux vivres, nous les avons epui-ses partout oü nous avons passe; oünous n’avons point ete, les ennemis,redoulant notre approche, les ont trans-porles dans des forteresses; en sortequ’ils en sont les maitres et qu’il nousserait impossible de rien trouver dansles campagnes. Or, qui est assez cou-rageux, assez robuste pour combattreen möme temps la faim , le froid, lesennemis? Pour tenir la Campagne ä ce