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Tome premier.
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LA CVROPÄDIE. - LIV. TI.

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quoique garnics de vingt soldats avecleurs armes, donnaient moins ä tralner,ä chaque paire de boeufs, que Ie poidsde quinze lalens. Cyrus, assure de lafacilite de transporler ces tours, resolutd’en avoir ä la suite de son armee; per-suade qu’ä la guerre, prendre ses avan-tages c’est faire une chose permise etse procurer des moyens de salut et deprosperile.

2. Dans ce mfeme temps arriverentles ambassadeurs indiens qui appor-taient de l’argent ä Cyrus. Ils lui adres-serent ce discours de la part de leurmaitre : « Je suis fort aise que tu m’aiesinstruit de tes besoins; je veux formeravec toi des liaisons d’hospitalite. Jet’envoie une somme d’argent; si eile nesuffit pas, fais-le-moi savoir, mes am-bassadeurs ont ordre de t’obeir en tout.— Eh bien, repondit Cyrus, que quel-ques-uns d’entre vous restent dans lestentes, gardant les ricbesses que vousm’apportez, et vivant le plus agreable-ment possible; que trois seulementpassent chez l’ennemi, comme pourfirmier ä s’allier au roi de l’Inde, maisen effet pour observer ce qu’il dit, cequ’il fait, et nous en informev, le mo-narque indien et moi. Si vous vousac-quittez bien de cette Commission, jevous en serai plus oblige que de votreargent; car nos espions deguises en es-claves ne peuvent nous apprendre quece qui est su de tout le monde, au lieuque des gens tels que vous devinentsouvent les plus secreles resolulions. »Des Indiens accueillirent cette proposi-tion, ils furent traites en amis; et, apresavoir tout pröpard pour leur voyage,ils partirent le lendemain, avec pro-messe de revenir aussitöt qu’ils se se-raienl instruits, aulant qu’ils le pour-raient, de la Situation des ennemis.

Cependant Cyrus faisait ses prepa-utifs pour la guerre en hemme qui ne

concoil pas des projets vulgaires. II nese bornait pas aux moyens approuvespar les allies; il excitait encore entredes amis une noble rivalile, le desird’avoir de plus belles armes, de savoirle mieux manier son cheval, lancer undard, tirer une fleche, supporter lafatigue : il y reussit en les conduisantä la chasse, en distribuant des recom-penses ä ceux qui se distinguaient. Lesofficiers qu’il voyait attentifs ä perfec-tionner la discipline de sa troupe, il lesencourageait en leur donnant ou deseloges, ou les gräces qui pouvaient de-pendre de lui. Quand il offrait un sa-crifice ou celebrait une fete, il formaitdes divers exercices de la guerre autantde jeux militaires; il accordait des prixaux vainqueurs; la garte animait loutesles troupes.

D6jä, excepte les machines, tout cequ’il pouvait desirer etait pr6t pourmarcher ä l’ennemi; dejä la cavalerieperse etait completde ä dix mille hom-mes. 11 possedait cent cbars armes defaux, construits ä ses depens; cent au-tres que le Susien Abradate avait failspareils ä ceux du prince; cent aussi deCyaxare qui, par le conseil de son ne-veu, avait reforme sur le meme modeleles chars mediques, auparavant sem-blables aux chars troyens et libyens.De plus, il avait ete regle que chaquechameau porterait deux archers. Unesi grande confiance animait la plupartdes soldats; ils se croyaient dejä vic-torieux, ils comptaient pour rien lesforces de l’ennemi.

Telle etait la disposition des esprits,lorsque revinrent les Indiens envoyespar Cyrus pour observer. Ils rapporte-rent que Cresus avait ete elu general enchef de l’armee; qu’on avait arretequeles rois allies s’y rendraient au plus tötavec toutes leurs troupes, et des sommesconsiderables, pour slipendier aulant