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XtNOPHON.
de cetle boisson ne nous cause point demaladie, voici ce qu’il faut faire. Desä present, commengons ä ne boirequede l’eau pendant nos repas. Ce chan-gement nous sera peu sensible; carceux d’entre nous qui vivent de farinela delaient dans l’eau, pour en faireune päte; le pain dont les autres senourrissent est de meme petri avec del’eau; c’est avec de l’eau qu’on faitcuire tout ce qui se mange. Pourvu quenous buvions un peu de vin ä la fin durepas, nous ne nous trouverons pasmal de ce regime. On retranchera en-suite une portion de ce vin, jusqu’ä ceque nous ayons l’habitude de ne boireque del’eau. Tout changement quis’o-pere peu ä peu devient supportablepour tous les temperamens. C’est ceque nous enseigne la divinite, en nousfaisant passer insensiblement de l’hiveraux chaleurs brülantes de l’ete, et deschaleurs au grand froid : imitons-la,arrivons par degres oü il faut que nousen venions necessairement.
« Emportez, au lieu de lits, un poidsegal en choses necessaires ä la vie; iln’y a jamais de superflu en ce genre.Ne craignez pas de dormir moins tran-quillement, parce que vous n’aurez nilits ni couvertures; si cela vous arrive,c’est ä moi que vous vous en prendrez.En sante comme en maladie, il suffitd’elre bien vetu.il faut s’approvision-ner de viandes salees et de haut goüt;ce sont celles qui excitent l’appetit etse conservent long-temps. Lorsque nousarriverons dans des lieux non pilles,d’oü nous pourrons tirer du ble, il fau-dra nous pourvoir de moulins ä braspour le broyer; de tous les instrumensä faire du pain, c’est le moins pesani.
« N’oublions pas non plus les medi-camens pour les malades, ils ne Char-gen! pas beaucoup, et dans l’occasionilsservirontinfiniment.Munissons-nous
aussi decourroies pour attacher une in-finite de choses que portent les hommesetleschevaux : qu’elles serompent ous’usent sans qu’on puisse les remplacer,on reste les bras croises. Ceux qui ontappris ä faire des javelols feront biend’emporter leur doloire. 11 est bon ausside se munir d’une lime; en aiguisantsa pique, on aiguise son courage; onrougirait d’etre lache lorsqu’on a desarmes affilees. Il faut encore avoir beau-coup de bois de charronnage, pour rac-commoder les chars et les chariots:quand on a beaucoup ä faire, quelquechose doit necessairement arröter. Auxmaleriaux on joindra les outils indis-pensables; car on n’a pas des ouvrierspartout; et cependant il en faut beau-coup pour le travail de chaque jour. Onmettra sur chaque chariot une faucilleet un hoyau;sur chaque böte de Charge,une hache et une faux; ces instrumenssont toujours utilesaux particuliers, etsouvent ä l’armee entiere.
« Vous, commandans des hoplites,informez - vous exactement si vos sol-dats ont une provision süffisante de vi-vres : ne negligeons rien de ce qui leurest necessaire; ce serait nous negligernous-m6mes. Vous, chefs des bagages,examinez si l’on a chargd sur les betesde somme tout ceque j’ai ordonne; etcontraignez ceux qui n’onl point obei.Vous, intendans des pionniers, vousavez la liste des acontistes, des archers,des frondeurs, que j’ai reformes :äceux qui servaient dans les acontistes,donnez une hache propre ä couper dubois; aux archers un hoyau; aux fron-deurs une serpe; faites-les marcher,avecces instrumens, par petites troupes,ä la tele des equipages, afin qu’au be-soin vous aplanissiez les chemins dif-ficiles, et que je Sache oü vous prendre,lorsque vous me serez necessaires.
« J’emmenerai des armuriers, des