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Tome premier.
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hk CVR0PÄD1E. — LIV. VI.

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charrons, des cordonniers, tous de l’ägeoü l’on porte les armes, et munis deleursoutils : ainsi l’armee nemanquerad’aucune des choses qui dependent deleur metier. Ils feront un corps söparödes soldats, et auront un lieu fixe oüils travailleront pour qui voudra les em-ployer en payant. Si quelque marchandveut faire le commerce ä la sunc del’armee, qu’il garde ses provisions, du-rant le nombre de jours que je viens defixer; s’il vend avant l’expiration de ceterme, ses marchandises seront saisies;mais il pourra, le terme passe, les de-biler comme il le jugera ä propos. Aureste, les marchands les mieux appro-visionnes seront honores et recompen-ses des allies et de moi. Si quelqu’und’entre eux n’a pas de fonds suffisanspour faire ses achats, qu’il amene aveclui des gens qui le connaissent et megarantissent qu’il nous suivra, je l’ai-derai dece que je possede. Voilä ce quej ’avais ä dire: que ceux qui trouvent queje n’ai pas tout prevu m’avertissent.Allez rassembler les bagages;pour moi,je vais offrir un sacrifice pour notre de-part. Des que j’aurai rempli ce devoirreligieux , je donnerai le signal. Que lessoldats pourvus de tout ce que j’ai or-donnü se rendent aupres de leurs offi-ciers, dans le lieu indique; et vous,commandans, lorsque vos rangs serontformes, venez tous me trouver, pour ap-prendre quels postes vous occuperez. »

3. Les ordres rcgus, on se dispose äpartir; Cyrus sacrifie. Les presages luiayant paru favorables, il se mit enmarche avec son armee. Le premierjour, il campa le plus pres possible dulieu d’oü il etait parti, afm que si l’onoubliait quelque chose on füt ä porteede l’aller chercher, et de se procurer cequ’on jugerait utile.

Cyaxare, pour ne pas laisser ses etatssans defense, demeura sur la frontiere,

retenant aupres de lui la troisieme par-tie des Medes; et Cyrus continua samarche avec la plus grande diligence.La cavalerie etait ä la löte, precedee dequelques coureurs que le prince en-voyail en avant dans les lieux les plusfavorables pour observer. Apres la ca-valerie , venaient les bagages. Lors-qu’on traversait des plaines, les chariotset les bötes de somme marchaient surplusieurs colonnes ; ä leur suite venaitl’infanterie de la phalange; et s’il res-tait en arriere quelques chariots ouquelques conducteurs, les officiers quisurvenaient veillaient ä ce que la mar-che ne füt point retardee. Dans les che-mins serres, le bagage demeurait aumilieu, et les hoplites filaienl de droileet de gauche; en sorte qu’il y avait tou-jours des soldats ä portee de remedieraux accidens. Chaque Compagnie mar-chait ordinairemenl aupres de son ba-taillon; nul voiturier ne pouvail quitterla sienne, ä moins qu’il ne survint em-pechement, et chaque taxiarque enavait un qui precedait, avec une ensei-gne connue de sa troupe. Ainsi ils al-Iaient tous ensemble;et, comme cha-cun avait grand soin de ne laisser enarriere aucun de ses camarades, ils n’e-taient point obliges de se chercher l’unl’autre; leur bagage etait en sürete sousleurs yeux; ils avaient dans le momentce qui leur etait necessaire.

Cependant les coureurs qui etaienten avant crurent apercevoir dans laplaine des hommes qui ramassaient dufourrage et du bois; ils voyaient desbetes de somme qui en emportaient descharges, d’autres qui paissaient; plusavant, un nuage de fumeeou de pous-siere leur semblait s’elever dans les airs.A tous ces signes, ils reconnurent quel’ennemi n’etait pas eloigne. Aussitötleur commandant d6p6cha vers Cyrus,qui fit dire aux coureurs de s’arrüter