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Tome premier.
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LA CYROPfcDIE

qu’il proposait, et fut Charge de fairetöte aux troupes egyptiennes. Tous leschefs se retirerent pour s’occuper deleurs preparalifs : ils souperent, pose-rent les sentinelles, et se coucherent.

4. Le lendemain matin pendant queCyrus sacrifiait, les troupes qui avaientdejä pris leur repas et fait des libationss’armaient de leurs belles tuniques,deleurs belles cuirasses, de leurs casquessuperbes. Les chevaux avaient tous latöte et le poitrail armes ; ceux de la ca-valerie etaient de plus bardes sur lacroupe; ceux des chars sur les flancs.L’armee entiere brillait de l’airain etde la pourpre. Le char d'Abradale, cechar ä qualre timons etä huit chevauxd’attelage, etait magnifiquemenl orne.Au moment oü ce prince allait endossersa cuirasse faite de lin, suivant l’usagede son pays, Panthee lui prdsenta uncasque d’or, des brassards et de largesbracelets du meme melal, une tuniquede pourpre, plissee par le bas et quidescendait jusqu’ä terre, et un panachede couleur d’hyacinthe : eile avait faitces armes ä l’insu de son epoux, surla mesure de celles dont il se servait.

En les voyant il fut etonne: « Machere Panthee, lui dit-il, tu t'es doncdepouillee de tes joyaux pour me fairecetle armure? — Non; le plus precieuxde tous m’est reste ; car si tu le mon-tres aux yeux des aulres ce que tu esaux miens, tu seras ma plus riche pa-rure. » En proferanl ces paroles, eilel’armait elle-meme, et s’cfTorgail, enpleurant, de cacher les larmes dontetaient inondees ses belles joues.

Abradate, dejä si digne d’allirer lesregards par la beaute de sa figure, pa-raissait plus beau, avait l’air encoreplus noble, quand il fut couvert de sesnouvelles armes. Il avait pris des mainsde son öcuyer les rfenes de son char, etse disposait ä y monier, lorsque Pan-

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thee ayant fait eloigner ceux qui les en-touraient: «. Abradate, lui dit-elle,s’ily eut jamais des femmes qui aimassentleurs epoux plus qu’elles-memes, sansdoute, tu me mets au nombre de cesfemmes. 11 serait superflu de te prouverpar de longs discours ce que dömontrentbien mieux mes actions. Cependant,quels que soient les sentimens que tume connais pour toi, j ’estimerais mieux,j’en jure par mon amour et par le tien,le suivre au tombeau, oü t’eüt conduitune belle mort, que de vivre sans hon-neur avec un mari deshonore; tant jesuis persuadee que nous ne devons l’unet l'autre respirer que pour la gloire.Que d’obligations n’avons-nous pas äCyrus ? Captive, destinee ä lui apparte-nir, loin de me traiter en esclave, ou deme proposer ma liberte ä de honleusesconditions, il m’a conservee pour toi,comme si j’avais ete la femme de sonfrere. D’ailleurs, lorsque Araspe, äquiil m’avait confiee, eut abandonne sonparti, ne lui ai-je pas promis que s’ilme permeltait de te depöcher un cour-rier, tu viendras lui ofifrir en toi un allieplus fidele et plus utile qu’Araspe? »Abradate, transporte de ce qu’il ve-nait d’entendre, posa la inain sur latete de sa femme, et leva les yeux auciel : « Grand Jupiter! s’6cria-t-il, faisque je me montre digne ami de Cyrus,qui nous a traites Tun et l’autre avectant d’egards ! » A ces mols , il montesur son char. Quand il y fut place etque son ecuyer l’eut ferme , Panthee,qui ne pouvait plus embrasser son mari,baisait le char. Mais bientöt le char s’6loigne. Elle le suit quelque temps, sani}etre aperr;ue d’Abradate qui, tournan?la tele, et voyant sa femme sur ses pas s« Rassure-toi, Panthee , adieu ; sepa«rons-nous. » Aussitöt ses eunuques e6ses femmes la prirent et la conduisirentä son chariot, oü l’ayant couchee, ils