Band 
Tome premier.
Seite
716
JPEG-Download
 

XfiNOPHON.

716

courir. Derriere les fantassins cuirasses,Je placerai les aconlistes; apres ceux-ciles archers. Qui, en effet, placerait enpremiere ligne des corps qui convien-nent eux-m&mes n’ätre nullement pro-pres ä combaltre de pres? Mais, couvertspar l’infanterie pesante, ils liendrontferme et incommoderont les Assyriens,les uns en lan^antleurs javelots, lesau-tres en tirant leurs fleches par dessusles premiers rangs. Quelque moyenqu’on emploie pour nuire ä l’ennemi,pourvu qu’on reussisse, on sert utile-ment les siens.

« Je placerai en derniere ligne lecorps qu’on appelle corps de reserve.Commeunemaison n’est d’aucun usagesi les fondemens et le toit n’en valentrien, de möme unearmee devient inu-tile si les premiers et les derniers rangsne sont composes de bons soldats. Met-tez-vous donc en balaille dans l’ordreque j’ai prescrit; chefs de l’infanteriepesante ä la premiere ligne, chefs del’infanlerie legere ä la seconde, com-mandans des archersä la troisieme; toi,commandant de l’arriere-garde, place äla derniere ligne, recommandc ä cha-cun de tes soldats d’observer les mou-vemens de la file qui sera devant lui,d’encourager ceux qui se comporterontvaillamment, de contenir les läehes parde fortes menaces. Si quelqu’un tournele dos et trahit, qu’on le tue. C’est äceux qui sont places au front de l’ar-mee,d’animer, par leurs discours et parleurs actions, les soldats qui marchentapres eux; mais vous qui 6tes au der-nier rang, vous devez ötre plus redou-tables aux läehes que 1’ennemi meme.

« Voilä ce que j’avaisä vous ordon-ner. Toi, Euphrate, qui commandes lesmachines, fais que nos tours roulantessuivent les troupes d’aussi pres qu’ilsera possible. Toi, Dauchus, aie soinque tes equipages suivent immediate-

ment les tours; ordonne ä tes gens dapunir quiconque avancerait hors de sonrang, ou resterait en arriere. Cardu-chus, qui conduis les chariots des fem-mes, tu marcheras apres les equipages.Gelte longue file de chariots qui noussuivra, en faisant paraitre notre armeeplus nombreuse, nous procurera encorele moyen de tendre quelque piege äl’ennemi. S’il tente de nous envelop-per, eile l’obligera du moins ä formerune plus grande enceinte; et plus ilembrassera de terrain, plus il perdradeses forces. Voilä ce que vous avez äfaire. Artabase, et toi Artagersas, pre-nez chacun vos mille fantassins, et pla-cez-vous derriere les chariots; Pharnu-chus, et toi Asiadatas, au lieu de vousmeltre en balaille avec le reste de lacavalerie, postez-vous aussi derriere leschariots, chacun avec vos mille cava-liers, et rendez-vous ensuite aupres demoi, ainsi quelesautres chefs. Songezä vous tenir pröts comme si vous de-viez les premiers engager l’action. Ca-pitaine des archers qui monlent leschameaux, place-toi aussi ä la suite deschariots, et fais ce qu’Artagersas t’ov-don nera. Vous, commandans des chars,tirez au sort ä qui rangera ses cent charsen premiere ligne au front de lärmte;les deux autres centaines borderont dedroite et de gauche les deux flancs. »Telle fut l’ordonnance des troupes deCyrus.

« Prince, dit aussitöt Abradate, roides Susiens,je me chargerai volontiere,si tu le trouves hon, du commandementdes chars que tu opposes au centre del’armee ennemie. » Cyrus, louantsoncourage et lui tendant la main, de-manda aux Perses qui devaient monierles autres chars, s’ils y consentaient.Comme ils tepondirent qu’ils ne lepou-vaient avec honneur, il les fit tirer ausort: Abradate obtint par cette voie ca