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Tome premier.
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LA CYROPfiBIEprendrc par derriere, il ordonne ä satroupe de le suivre, tourne vers laqueue, tombe sur eux sans etreapergu,en lue un grand nombre. A celte ittup-lion imprevue, les Ugyptiens s’öcrient:

« Nous sommes atlaques par derriere. »Alors ils se relournenl, quoique cou-verls de blessures; infanierie, cavale-rie, lout se mele et combat ensemble.Un Soldat, verweise et foule aux piedsdu clieval de Cyrus, enfonce son epeedans le ventre de l’animal qui , se sen-tant blesse, se cabre et renverse leprince. On vit alors combien il im-|X)r(e ä un chef d etre aime de ceuxqu’il commande. Un crigineralse faitenlendre; on se precipite avec fureursur l’ennemi; on pousse , on est re-pousse ; on porte des coups, on en re-goit ; enfin, un garde de Cyrus sautede son clieval et remonte le prince,qui reconnait que les ßgyptiens sontbattus de toutes parts. Ilystaspe etChrysanle venaient d’arriver avec lacavalerie perse : Cyrus leur ordonne dene pas presser davantage la phalangeegyplienne, mais de la fatiguer de Ioinäcoups de flecbes et dedards. Pour lui,il pique vers les machines : lä, il ima-gina de monier sur une des tours, pourdecouvrir s’il ne reslait plus de troupesennemies qui tinssenl encore. De laplale-forme, il vit la plaine couverlede chevaux , d’hommes, de chars , defuyards, de poursuivans, de vain-queurs, de vaincus , et remarqua queles Egyptiens elaient les seuls des en-nemis qui n’eussent pas plid. Eux-memes enfin , restes sans ressource,formerent un cerele , presentant leursarmes de tous cötes, et couverts deleurs grands boucliers. Immobiles danscette position , ils n’agissaient point :ils eurem beaucoup ä souffrir, jusqu’äce que Cyrus, admirant leur courage,ßl voyant avec douleur perir de si braves

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gens, fit retirer les assaillans et cesserle combat.

Il leur demanda, par un heraut,s’ils aimaient mieux mourir tous pourdes läches qui les avaient abandonnesque de sauver leur vie sans rien perdrede leur reputation de braves gens.

« Pourrions - nous , repondirenl - ils ,conserver la vie et l’honneur. — Oui,repartit Cyrus, puisque vous etes lesseuls qui n’ayez pas lache pied et quicombaltiez encore. — Mais en quittantnos drapeaux, comrnent conserver lavie et l’honneur? — En ne faisant malä aucun de vos allies, en rendant lesarmes, en devenant amis de ceux quivous donnent la vie, quand ils sontmaitres de vous l’öter. — Si nous de-venons vos amis, que prelendez-vousfaire de nous ? — Etablir entre vous etmoi un commerce de bons Offices. —Queis bons offices?—Tant que laguerredurera, vous me suivrez; vous aurezune paye plus forte que celle que vousreceviez des Assyriens : la paix faile,j’assiguerai ä ceux qui voudront resteravec moi des terres et des villes, etje leur donnerai des femmes et desesclaves. » Sur cette proposition, ilsdemanderent seulement au prince dene jamais porter les armes contre Cr6-sus : « C’est le seul des allies, ajou-terent-ils, de qui nous n’ayons pas änous plaindre. » Tous les articles ayanteie acceptes de part et d’autre, lesßgyptiens engagerent leur foi ä Cyrus,et regurent la sienne. Les descendansde ceux qui s’aitacherent pour lors älui sont restes jusqu’ici fideles au roide Perse. Cyrus leur avait donne, dansla haute Asie, quelques villes qu’onnomme encore les villes des Egyptiens,et de plus Larisse et Cyllene, situeespres de Cyme, ä peu de distance de lamer : leur posterite s’est maintenuejusqu’ä present en possession de ces

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