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Tome premier.
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724 XENOPHON.

villes. Apres la conclusion du traite,l’armee partit au commencement de lanuit, et alla camper ä Thymbrare.

Dans celte journee, les Egyptiensfurent les seuls de l’armee ennemiequi meiiterent des eloges. Du cöle deGyrus, la cavalerie perse fut jugee lameilleure de toules les iroupes : aussi lacavalerie d’aujourd’hui conserve-t-ellela möme maniere de s’armer que Gyrusavait elablie. Les chars armes de fauxreussirent si parfaitement, que les roisde Perse en ont retenu l’usage. Les cha-meaux ne servirent qu’ä epouvanter leschevaux : ceux qui les montaient nefurent point ä portee d’en venir auxmains avec la cavalerie assyrienne ,parce que les chevaux n’oserent lesapprocher. Ainsi, quoiqu’ils paraissentavoir ete utiles dans cette occasion,aucun brave guerrier ne voudrait au-jourd’hui nourrir un chameau pourle monter ou Ie dresser aux combals.On leur a donc rendu leur ancienharnais, et on les a renvoyes au ba-gage.

2. Les troupes de Cyrus s’etanl ra-fraichies, et les senlinelles ayant eteposees, comme la prudence l’exigeait,on alla prendre du repos, pendant queCresus s’enfuyait ä Sardes avec sonarmee, et que differens peuples, sesallies, profitaient de la nuit pour s’eloi-gner avec la plus grande diligence, etgagner leur pays. A la pointe du jour,Cyrus marcha vers Sardes : en arrivantsous les murailles, il fit dresser sesmachines , et preparer des echelles ,comme pour battre le mur. Tandisqu’ilamusait les Sardiens par ces apprels,la nuit suivante, il fait enlrer les Chal-deens et les Perses dans la partie desfortifications qui semblait etre la plusescarpee. Le projet fut execute par lemoyen d’un Perse qui, ayant ete arService d’un des gardes de la glace

connaissait le chemin de la citadelleau fleuve.

A la nouvelle que l’ennemi etaitmaitre de la citadelle, les Lydiens aban-donnerent leurs murailles et cherche-rent leur salut dans la fuite. Des que lejour parut, Cyrus entra dans la ville,et defendit que personne s’ecartät deson rang. Cresus, de son palais oü ils’etait enferme, appelait Cyrus ä grandscris ; mais ce prince, se contentant delaisser aupres de lui une garde, tournases pas vers la citadelle, dont ses iroupess’etaient emparees. Il y trouva les Persesdans l’etat oü ils devaient etre, occupesä garder la place; mais il ne vit queles armes des Chaldeens (ils s’elaienldebandes pour aller piller les maisonsde la ville). Il mande aussitöt leurschefs, et leur ordonne de se retirer sur-le-champ de l’armee : « Je ne souffri-rai point, leur dit-il, que des gensquimanquent ä la discipline aient plusde part au butin que leurs camarades.Apprenez que, pour vous recompenserde m’avoir suivi dans cette expedition,j’avais resolu de vous rendre les plusriches des Chaldeens; mais pariez, etne soyez pas surpris si vous eles alta-ques dans volle route, par un ennemiqui vous sera superieur en forces.» LesChaldeens, effrayes de ce discours, con-jurerent Cyrus de calmer sa colere, etoffrirent de rapporter tout ce qui avaitete pris. « Je n’en ai nul besoin pourmoi, repondit Cyrus ; mais si vousvoulez m’apaiser, donnez tout ce butinaux soldats qui sont demeures ä la gardede la citadelle; quand l’armee sauraque ceux qui ne quittent point leurposte ont un meilleur traitement queles autres, tout en ira mieux. » LesChaldeens obeirent; et les soldats, fidelesä leur devoir, profiterent de ce richepillag«. Cyrus, ayant fait camper sesU'oupei: dims 1 tndron de la ville qui lui