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Tome premier.
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LA CVROPtiDTE.

quoi rdcompenser chacun suivant son !tnerite. j

Pendant qu’on executail cet ordre, il |fit appeler quelques-uns de ses gar des, Jetleur demanda si aucun d’eux n’avait Ivu Abradate : « Je suis surprisqu’il ne jparaisse point, lui qui avail accoutumede se rendre si souvent aupres de moi.— Seigneur, repondit un des gardes,il ne vit plus; il est mort dans le com-bat , en poussanl son cliar au milieu desßgyptiens. On rnpporle que les aut resconducteurs de cliars, exceple ses com-pagnons, ont tourne le dos, quand ilsont vu de pres les troupes egypliennes.On dit aussi que sa femrne, apresavoir enleve son corps qu’elle a mis surle chariol dont eile se sei t ordinaire-ment, vient de le transporter sur lesbords du Pactole. On ajoule que cetteprincesse, assise par terre, soutientsurses genoux la töte de son mari qu’elle acouvert de ses beaux vötemens, pendantque ses eunuques et ses domesliqueslui creusent un lombeau sur une dmi-nence voisine. « A ce rdeit, le princefrappa sa cuisse, et, sautant sur son che-val, il courut,accompagne de mille ca-valiers, ä ce douloureux spectacle. Ilordonna d’abord ä Gadatas et ä Go-bryas de le suivre au plus tot, et d’ap-porter ses plus riclies ornemens, pouren revetir cet ami mort au champd’honneur; ensuite ä ceux qui avaientdes boeufs, des cbevaux, ou toute au-tre espece de betail, d’en mener ungrand nombre dans le lieu oü il allaitet qu’on leur designerait, afin de sa-crifier aux mänes d’Abradate.

Des qu’il apergut Panthee couchee äterre, et le corps de son epoux etenduä ses cötes, un torrent de larmes couiade ses yeux : « Ame genereuse et fi-dele, te voilä donc pour jamais separeede nous! » En proferant ces mots, ilprend la main du mort# eile reste dans

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la sienne: un figyptien l’avait coupeed’un coup de hache. La vue de cettemain mutilee redoubla sa douleur.Panthee, en jetant des cris lamentables ■la reprend, la baise, et täche de la re-joindre au bras. « Cyrus, dit-elle, lereste de son corps est dans le memeetat; mais que vous servirait de le re-garder? Voilä oü Pont reduit son amourpour moi, et je puis ajouter, son atta-chement pour vous, Cyrus. Insensee!sans cesse je l’exhortais ä se montierpar ses actions votre digne ami : pourlui, il songeait non au destin qui l’at-tendait, mais aux moyens de vous ser-vil 1 . Enfin, il est mort sans avoir meritede reproches, et moi, dont les conseilsPont conduit au trepas, je vis encore,et me vois pres de lui. »

Cyrus fondait en larmes sans parier;puis rompant le silence : « 0Panthee!votre epoux a du moins termine glo-rieusement sa carriere, puisqu’il estmort vainqueur. Acceptez ce que je vousoffre pour parer son corps ( Gobryaset Gadatas venaient d’apporter unegrande quantite d’ornemens precieux).D’autres honneurs encore lui sont re-serves; on lui elevera un tombeau di-gne de vous et de lui; on immolera enson honneur les victimes qui convien-nent aux mänes d’un heros. Et vous ,vous ne resterez point sans appui;j’honorerai votre sagesse et 1 toutes vosvertus; je vous donnerai quelqu’unpour vous conduire partout oü il vousplaira d’aller. Dites dans quel lieuvous desirez qu’on vous mene. — Sei-gneur, ne vous en mettez pas en peine;je ne vous cacherai point aupres de quij’ai dessein de me rendre. »

Apres cet entretien, Cyrus se retira ,gemissant sur le sort de la femme quivenait de perdre un tel mari; du manqui ne devait plus revoir une teilefemme. Panthee fit eloigner ses eunu