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LA CYROPfiDlE
eüt (rompes. Adusius les vassura : « Jevous ai promis avec serment, leur dit-il, d’entrer dans vos chäleaux sans des-sein de vous nuire, et uniquementpour l’avantage de ceux qui m’y rece-vraient. Si j’opprime l’un ou l’autreparti, je croirai etre venu pour la ruinedes Cariens ; mais si je retablis la paixentre vous, si je vous procure labbertede cultiver tranquillement vos herita-ges, je pourrai dire n’avoir agi quepour votre bien. Desce jour vivez doncen bonne intelligence; labourez paisi-blement vos terres; unissez vos famillespar desalliances. Quiconque enfreindrace regiement aura pour ennemis Cyruset les Perses. » Des ce momenl, lesportes des chäteaux furenl ouvertes, leschemins remplis de gens qui allaientsevisiler mutuellement, les campagnescouvertes de laboureurs. Les deux par-tis se reunissaient pour celebrer desfetes ; partout regnaient l’allegresse etlapaix. Les choses etaient en cel 6tat,lorsque Cyrus envoya demander au ge-neral Adusius s’i! n’avait pas besoin denouvelles troupes ou de quelques ma-chines. Adusius repondit que son ar-mee pouvail meine etre employee ail-leurs : en effet, il la fit sortir du pays,laissant seulement des garnisons dansles chäteaux. Les Cariens le presserentavec instance de ne les point quitter ;et ne pouvant le relenir, ils envoyerentprier Cyrus de le leur donner pour gou-verneur.
Pendant l’exp6dition deCarie, Cyrusavait envoye Hystaspe, ä la töte d’unearmee, dans la Phrygie voisine del’Hellespont. Des qu’Adusius fut de re-tour , il recut ordre de prendre la mömeroute, avec les troupes qu’il ramenait,afin que les troupes de ces contrees,sur le bruit de l’arrivee d’un renfort,se soumissent plus promptement ä Ilys-taspe. l«s Grecs qui habitaient les bords
. — LIV. VII.
de la tner obtinrent, ä force de presens,de ne point recevoir chez eux de trou-pes etrangeres, ä condition qu’ils paye-raient un tribut, et qu’ils suivraientCyrus ä la guerre, partout oü il les ap-pellerait. Quant au roi de Phrygie, ilse preparait ä defendre vivement sesforteresses et ä ne point composer. 11avait declare hautement sa resolution;mais, reste presque seul par la de-fection de ses principaux officiers, ilvint se jeter entre les bras d’Hystaspe ,s’abandonnant ä la merci de Cyrus.Hystaspe etablit des garnisons dans lesplaces , et sortit du pays avec le restede ses troupes , grossies d’une foule decavaliers et de peltastes phrygiens. Cy-rus avait ordonne qu’apres la jonctiond’Adusius avec Hystaspe les deux ge-neraux emmeneraient, sans les desar-mer , ceux d’entre les Phrygiens quiauraient embrasse son parti, et öte-raient les armes et les chevaux ä ceuxqui auraient fait resistance , les redui-sant ä suivre l’armee avec des frondes :ce qui fut execute.
Cyrus quitta Sardes et y laissa uneforte garnison d’infanterie perse : il enpartil accompagne de Cresus, et suivide quantite de chariofs richement char-ges. Avant le depart, Cresus lui pre-senta des etals detailles de tout ce queportait chaque chariot, en lui disant :« Cyrus, avec ces etats, tu sauras quite rend fidelement ce qu’il avait en sagarde, et qui manque de fidelite. — Taprecaution est louable, repondit leprince; mais comme ceux ä qui ces ri-chesses sont confiees y ont un droit le-gitime , s’ils en detournent quelquechose, ils se voleront eux-m6mes. » Ce-pendant il donna les 6tats ä ses amis etaux chefs principaux, afin qu’ils pus-sent distinguer, entre les conducteurs desvoitures, ceux qui en rapporleraient laCharge dans son integrite de ceux qui