XfiNOPHON.
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seraient infideles. Cyrus emmena aveclui quelques Lydiens qui lui avaientparu jaloitx d’avoir de heiles armes, debeaux chevaux, des chars en bon etat;il leur laissa leurs armes , ainsi qu’ätous les guerriers en qui il remavqua del’ardeur ä faire ce qui lui elait agrea-ble. Quant äceux qu’il voyait marcherä reglet, il brülait leurs armes, distri-buait leurs chevaux aux Perses qui fai—saient avec lui leur premiereCampagne,et les contraignait asuivre l’armee, unefronde ä la main. Il voulut pareiliementquetous les prisonniers desarmess’exer-Cassent ä se servir de la fronde, especed’arme qu’il estimait tres-convenable ädes esclaves. Ce n’est pas qu’il n’y aitdes occasions oü les frondeurs, melesavec d’autres troupes, sont d’uye tres-grande utilite; mais tous les frondeursensemble, s’ils ne sont pas joints äd’aulres corps, nesauraient tenircontreune poignee de soldats armes pour com-baltre de pres.
Cyrus, allant de Sardes ä Babylone,vainquit les habitans de la grande Phry-gie, subjugua lesCappudocicns, elsou-mit les Arabes ä sa domination. Avecles armes de ces differens peuples, ilüquipa environ quarante mille cavaliersperses, et partagea entre ses allies unegrande partie des chevaux des vaincus.Il parut devant Babylone, ä la teted’une cavalerie nombreuse, et d’unemultitude intinie (ant d’archers que defrondeurs et d’aulres gens de trait.
5. A peine arrive, il elablit toutes sestroupes autour de la ville, et alla lui- |meme la reconnailre, suivi de ses arnis jet des principaux chefs des allies. Dans ile moment oü , apres avoir examine lesfortificalions, il se disposait ä faire re-tirerson armee, an transfugeen sortit,pour l’avertir que les Babyloniensavaient forme le dessein de l’attaquerdans sa retraite, parce que ses troupes
I qu’ils avaierft considerües du haut deleurs murailles leur avaient paru fai-bles. Il n’elait pas etonnant qu’ils en! jugeassent ainsi : comme l’enceinte dela ville que ces troupes investissaientdtait fort etendue, elles ne pouvaient' avoir que tres-peu de profondeur.
Sur cet avis, Cyrus, selant place aucentre de l’armee avec ceux qui l’accom-pagnaient, ordonna que l’infanteriepe-sanle se repliät de droile et de gauche,par les deux extremites, et allät se lan-ger derriere la partie de l’arm&qui neferait poinl de mouvement; en sorteque les deux poinles vinssent se rt'unirau centre oü il elait. Cette manoeuvredonna lout ä la fois de la confianceet äceux qui demeuraient en place, parceque leurs files allaient doubler de hau-teur, et ä ceux qui se repliaient, parcequ’aussitöt apres cette manoeuvre, ilsse trouveraient en face de l’ennemi.
Quand les troupes qui avaient eu or-dre de marcher de droite et de gauche,se furent jointes, elles s’arreterent, ani-mües d’une nouvelle ardeur, les Pre-miers rangs etant soutenus par lesderniers,et ceux-ci couverts par lespre-i miers. Au moyen de ce doublement, les! premiöres et les dernieres lignes ftaientcomposees des meilleurs soldats; lesmoins bons demeuraient enfennfe au! milieu ; disposition tres-avantageusepour combattre, et pour empecher lesJaches de fuir. Un autre avantage decette manoeuvre, c’esl que la cavalerieet l’infanlerie legüre, placees aux deuxailes, se rapprochaient d’autanl plus dugeneral, que le front de la bataille di-minuait par le doublement des files.Les troupes de Cyrus, se tenant bienserrees, se retirerent ä pas retrogrades,jusqu’a ce qu’elles fussent hors de laportee du trait. Alors elles firent demi-tour ä droile, et marcherenl quelquespas en avant; puis elles firent demi-toui