LA CVROPfcMV. — LIV. VII.
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pour commencer la Campagne, je levis embarrasse de details de chevaux ,de ehars , de machines, ei j’esperaiqu’aussitöt que tu serais libre j’obtien-drais de toi quelques momens. Survintalors I’effrayante nouvelle que l’Asieentiere elait liguee contre nous : je sen-tis 1’importance de cet evenement, etje me crus du moins assure que si lessuites en elaient heureuses , j’aurais Iasatisfaction de te voir ä toute lieure.
« Enfin, nous avons remporle unegrande victoire. Sardes et Cresus sonten notre puissance, nous sommes mai-tres de Babylone; toul est soumis änos lois. Cependant hier, j’en jure parMithra, si je ne m’etais fait jour enpoussant ä droite et ä gauche, je neserais jamais arrive jusqu’ä toi : etlors-qu’en me prenant Ia main, tu m’eusordonne de rester, cette distinction neservit qu’ä faire remarquer ä (ous quej’avais passe aupres de toi la journeeentiere, sans boire ni manger. Toutesr6flexions faites, je pense qu’il seraitbien de procurer ä ceux qui i’onl lemieux servi la faculte de te voir aussile plus librement; mais si cela est im-possible, je vais faire annoncer de tapart que tout le monde ait ä s’dloigner,excepte nous qui sommes attaches ä tapersonne depuis le commencement dela guerre. »
Cyrus et Ia plupart des chefs ne pu-rem s’empecher de rire de cette con-clusion. Le Perse Chrysanle, s’etnntleve, prit la parole en ces termes :
«Autrefois, Cyrus, tu ne pouvaisle dispenser de te communiquer egale-ment ä tous, soit pour les raisons quetu as alleguees, soit parce que tu nenous devais poinl de preference. C’e-tait notre propre interet qui nous avaitaitires ä ton Service; et il imporlail demettre tout en oeuvre pour gagner lanudtitude, afin qu’elle partageat vo-
lontiers nos faligues et nos dangers.Aujourd’hui que Ion humanitc te faitcherir les ticns, el que tu peux te fairebeaucoup d’aulres amis dans l’occa-sion, il est jusle que tu aies une ba-bilation digne de toi. Autrement, quegagnerais-lu ä elre notre general, si tudemeurais seul sans foyers, de toutesles proprietes luimaines la plus sacree,la plus chere, la plus legitime? Penses-tu d’ailleurs que nous pussions, sansrougir, te voir expose aux injures del’air, tandis que nous serions ä cou-vert sous nos toils; te voir enfin jouird’un sort moins doux que le nötre? »Tous applaudirent au discours de Chry-sanle. Alors Cyrus se rendit au palaisdes rois, oü ceux qui avaient elecom-mis pour veiller au transport des ri-chesses enlevees de Sardes vinrent lesdeposer. Des qu’il y fut entre, il offritdes sacrifices, d’abord ä Vesta, ensuiteä Jupiter roi, et aux dieux que lesmages lui nommerent.
Apres avoir rempli ce devoir reli-gieux, il s’occupa d’autressoins. Consi-derant qu’il entreprenait de commandera un nombre infini d’hommes, et qu’ilse disposait ä fixer sa demeure dans laplus grande ville de l’univers, dans uneville tres-mal inlentionnee pour lui, ilsentit la necessite d’une garde pour Iasürete de sa personne; et comme il sa-vait que l’on n’est jamais plus exposequ’ä table, au bain ou au lit, il exami-nail ä qui, dans ces differentes circon-stances, il donneraitsa confiance.
II pensait qu’on ne doit jamaiscomp-ter sur la fidelitd d’un homme qui enaimerait un aulre plus que celui qu’ilest Charge de garder; ceux qui ont oudes enfans, ou des femmes, avec les-quels ils vivent bien, ou d’autres objelsde leur amour, sont naturellement por-tes ä cherir ces objels preferablementä tout autre; mais que les eunuques,