XltNOPHON.
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il forma autour de lui un grand cerclede soldats armes de piques, auxquelsi] ordonna de ne laissei’ avancer queses familiers, les cliefs des Perses etceux des allies. Lorsqu’ils furent ras-sembles, il leur parla en ces lermes :
« Amis et braves compagnons, jus-qu’ä present nous ne saurions nousplaindre aux dieux que lout ce quenous avons desire n’ait pas etc accom-pli; mais si le fruit des grandes ac-tions se reduit ä ne pouvoir plus jouirni de soi-meme, ni du plaisir de vivreavec ses amis, je renonce volontiers äcette felicite. Vous vites hier que bienque l’audience eüt commence des l’au-rore, eile n’etait point fermee ä la nuit;vous voyez qu’aujourd’hui lcs meinespersonnes et d’aulres en plus grandnombre viennenl me fatiguer de leursaffaires. Si je m’assujettissais ainsi, ilest evident que nous n’aurions, vous etmoi, que peu de commerce enscmble;et certainement je n’en aurais aucunavec moi-mcme. Je remarque d’ailleursune chose ridicule. J’ai pour vous l’af-feetion que vous meritez; et je con-nais ä peine un seul liornme parmiceux qui m’environnent. Cependantils se persuadent tous que , s’ils soni.plus forts ä percer la foule, je dois lesecouter les premiers. Il me parailraitconvenable que ceux qui auraienl quel-que demande ä rne faire s’adressas-senl d’abord ä vous, et vous priassentde les introduire. On demandera peut-fetre pourquoi je n’ai pas etabli cet or-dre des le cornmwoemenl, pourquoiau contraire je me suis rendu accessi-ble ä tout le monde. C’est que j elaisconvaincu qu’ä la guerre un generalne saurait etre trop tot informe de cequ’il lui importe de savoir, ni troptot pröt ä executer ce que les circon-slances exigent: je pensais que le ge-neral qui se cotnmuuique rarement
omet bien des choses qui auraient dftse faire. A present que nous venons determiner une guerre tres-penible, jesens que mon esprit a besoin d’un peude repos. Or, comme je suis incertaindes mesures nouvelles qu’il convientde prendre pour nous assurer notrebonheur et celui des peuples dont nousdevons surveiller les interfels, queclia-cun de vous propose ce qu’il estimerale plus avanlageux. »
Ainsi parla Cyrus. Arlabase, quig’e-tait aulrefois donne pour son cousin,se leva et dit : « Tu as bien fall, Cy-rus , de rnellre cette matiere en deli-beration. Des ta plus lendre enfance,j’ai desire d’etre de tes amis; mais,voyant que tu n’avais pas besoin demes Services , j’hesitais ä te recher-cher. Il arriva depuis que tu me priasd’annoncer aux Medes la volonte deCyaxare ; je pensais cn moi-memequesi je te servais avec zele dans cette oc-casion , je serais admis a ta familia-rite , et que j’aurais la liberte de con-verser avec toi aussi long-temps que jele voudrais. Je m’acquittai de ma Com-mission de maniere ä obtenir les elo-ges. Peu de lempsapres, les llyrca-niens vinrent solliciter notre amitie; et,comme nous avions grand besoin d’al-lies, nous les regümes ä bras ouverts.Lorsque ensuite nous nous fümes ren-dus maitres du camp des ennemis, je tepardonnai de ne te point occuper demoi; je compris que tu n’en avais pasle loisir.
« Gobryas et Gadatas embrasserentnotre alliance; j’en fus fort aise; maisil devcnait par -lä plus difficile encorede t’approcber. La difliculte augmentaquand les Saces et les Cadusiens s’uni-rent ä nous : il elait juste de reconnai-tre par des egards raltachemenl qu’ilstemoignaient. Lorsque nous fümes re-venus au lieu d’oü nous etions parlis