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rale de loule l’armee publiait, et honorechacun d’entre eux de largesses selonleur merite et leur rang. Baiacre, l’undes gardes de sa personne, est nominesatrape de Cilicie, et remplace parMenes; Polysperchon succede au com-mandement de Ptolemee, qui avait peridans le combat. On remet aux habitansde Soles les cinqnante talens qu’il leurreslait ä payer; on leur rend leursolages.
Chap. 6. Alexandre etendit ses soinssur h» mere de Öarius, sa femme et sesenfans. Quelques historiens rapporlentqu’apres la poursuite, etant entre dansla tente de ce roi, qu’on lui avait r6-servee, il fut frappe de la desolation etdes cris des femmes. II demande pour-quoi ces cris qu’il entend pres de lui,et quelles sont ces femmes. On lui re-pond quela mere deDarius, sa femmeet ses enfans, apprenant que son arc,son bouclier et son manteau sont aupouvoir du vainqueur, ne doutent plusde sa mort, et le pleurent. Alexandreleur envoie aussitöt Leonnalus, Tundes helaires, pour leur annoncer queDarius est vivant, qu’Alexandre ne pos-sede que les depouilles laissees sur sonchar. Leonnalus s’acquitte de sa com-mission, et ajoute qu’Alexandre leurconserve les honneurs, l’etat et le nomde reine; que ce prince n’avait pointentrepris la guerre contre Darius parliaine personnelle, mais pour lui dis-puter l’empire de l’Asie.
Tel est le recit de Ptolemee et d’A-ristobule : on ajoute que le lendemainAlexandre entra dans l’appartement desfemmes , accompagne du seul Ephes-tion. La mere de Darius, ne sacbantquel etait le roi, car nulle marque ne ledistinguail, frappee du port majestueuxd’Epbestion, se prosterna devant lui.Avertie de sa meprise par ceux qui l’en-louraient, eile reculail confuse, lors-
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que le roi: « Vous ne vous etes pointtrompee, celui-lä est aussi Alexandre. »Je ne certifie point la verite du fait, ilsuffit qu’il soit vraisemblable. S’il enfut ainsi, Alexandre me parait di-gne d’eloge, par la noble generosite-qu’il montra en consolant ces femmes,et en elevant son ami: si ce fait estsuppose, ce prince merite encore deseloges pour en avoir ete juge capable.
Cependant Darius fuyait dans la nuitavec peu de suite. Le lendemain, re-cueillant les debris des Perses et desetrangers ä sa solde, il rassemble envi-ron quatre mille hommes, et gagneThapsaque en diligence pour mellrel’Euphrale entre lui et Alexandre.
D’autre pari, les transfuges Amyn-las, Thymodes, Aristomedede Phere,et Bianor, Acarnaneen, fuyant par leshauteurs qu’ils avaient occupees, arri-vent ä Tripoli en Phenicie , avec huitmille hommes. La, trouvant ä sec lesvaisseaux qui les avaient amenes deLesbos, ils mirent ä (lots le nombredebätimens necessaire pour les transpor-ler; et ayant brüle le reste dans leschanliers, pour ne laisser aucun moyende les poursuivre, se sauverent ä Cy-pros et de lä en Egypte oü, voulantremuer, Amyntas fut tue, quelquetempsapres, par les habitans du pays.
Cependant Pharnabase et Aulophra-dales, apres avoir sejourne quelquetemps dans l’ile de Chio, y laisserentune garnison , et ayant detache desvaisseaux vers Cos et Halicarnasse, vin-rent devant Syphnos avec cent de leursmeilleurs bätimens.
Lä, une trireme conduisit Agis, roides Lacedemoniens; il venait deman-der de l’argent, un renfort de troupesdeterreet de mer, pour lenter unein-vasion dans le Peloponnese. Ils appren-nent la defaite d’Issus. Frappes de cellenouveile, Pharnabase retourne ä Chio