ARRIEH,
aupres de moi, se louent de ma bien- 'veillance; ce n’est point la contrainte, <mais leur volonte qui les retient sousmes drapeaux. Je suis le maitre de l’A-sie, venez me trouver ä ce titre. Si vous ;concevezquelquecraintedema loyaute, !envoyez vos amis recevoir ma foi. Ve-nez, et je jure non-seulement de vous ■rendre votre mere, volre femmeelvos ;enfans, mais encore de vous accorder jlout ce que vous me demanderez. Du ireste, lorsque vous m’adresserez voslettrcs, souvenez-vous que vous ecrivezau souverain de l’Asic; que vous n’etesplus mon egal; que Pempireest ä moi.Aulrement je l’aurai ä injure. Si vousen appelez du titre de roi ä un auirecombat, ne fuyez point; je vousattein-drai partout.»
Sur ces entrefaites, apprenant que jles tresors de Darius conduits par Co-plienes ä Damas, les gardes meine, ettout ce qui faisail l’orgueil et le luxedu monarque persan etait lombe enson pouvoir, il les laisse dans cetlevilleaux soins de Pannenion.
Alexandre fait amener devanl lui les ;envoyes que la Grece avait deputes ■vers Darius avant Pevenement, et qui;etaient au nombre des prisonniers, sa-voir: Eulhycles de Lacedemone; Iplii- |crate, fils du general alhenien de ce!nom; Thessalicus et Dionysodore, vain- ;queurauxjeux olympiques. II renvoya :aussitöt ces deux derniers, quoiqueThebains, soit par commiseration pour ;les malheurs de leur eile, soit quel’exces meme de la vengeance des Ma-cedoniens, qui la detruisirent, excusatleur demarche aupres de Darius. II lestraita donc avec botite; il dit ä Thessa-licus : « Je vous pardonne par conside-ration pour votre naissance » 11 etait eneffetundespremiers de Thebes. EtäDio-nysodore : « En faveui de votre vicloireaux jeux olympiques. » A Iphicrate:
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« A cause de l’amour que je porte auxAtheniens, et de la gloire de votrepere. » Il le retint aupres de lui avechonneur lant qu’il vecut, et apres samort il fit porter a Athenes ses cendres,qu’on rendit ä sa famille.
Pour Eulhycles, comme il etait La-cedemonien, et que ce peuple etait enguerre ouverte avcc Alexandre; commed’ailleurs il ne presentait par lui-memeaucun titre de gräce, il fut retenu pri-sonnier sans 6lre dans les fers; et lesucces achevant de couronner les entre-prises d’Alexandre, il fut remis enliberle.
Chap. 1 . Alexandre quitte Marathe,et regoil ä composition Biblos et Sidon,appele par l’inimitie que les habilansportaienl ä Darius et aux Perses.
Il marche vers Tyr. Des deputes decette ville viennent ä sa rencontre pourlui annoncer une entiere soumission äses ordres. Il donne de justes eloges äla ville et ä la deputation, composee! des principaux habitans, et oü se trou-vait l’heritier meine du tröne (car leroi Azelmicus faisait voile avec Auto-phradales); il ajoute qu’il ne demandeä cnlrer dans la ville que pour offrirun sacrifice ä Ilercule.
En effet, le temple qu’on y voit dece dieu est, de memoire d’homme, undes plus anciens. Ge n’est point celuid’IIercule Argien, fils d’Alcmene. Leculte de 1’IIercule Tyrien remonte ä uneepoque qui precede la fondation deThebes par Cadmus, et la naissance desa fdle Semele, qui donna le jour äBacchus. Ce dernier, fils de Jupiter,dtait contemporain deLabdacus, ne dePolydore; tous deux etaient petils-fllsde Cadmus. Or, Ilercule Argien vivaitdu temps d’QEdipe, fils de Laius. LesEgyptiens adorent un Hercule qui n’estni celui des Grecs, ni celui des Ty-rieus. Herudote le place au nombre des