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par un detour que je veu\ triompher. »On trouva plus d’heroisme que d’or-gueil dans ce mot, ä mon avis, pleinde prudence.
En effet, dans la nuit, au milieumeme de l’inegalite des armes, il peutarriver de ces accidens imprevus qui,funestes au plus fort, rangent tout-ä-coup la victoire du cote le plus faible,et de la maniere la plus imprevue.La valcur d’Alexandre devait prefererd’etre exposee au grand jour. Darius,vaincu dans une altaque nocturne, n’enaurait conr;u aucune humiliation. D’unautre cote, en supposant que les Maee-doniens eussent ete repousses, l’ennemiconnaissait parfaitement tous les lieuxdont il disposait, tandis qu’engages surun terrain inconnu, les Grecs auraienteu ä se defendre non-seulement contreles vainqueurs, mais encore contre lesprisonniers dont la mullitude pouvailles accabler, je ne dirai point seulementen cas d’echec, mais meme en cas d’a-vantage peu marque. Je trouve, d’apresces considerations, autant de sagesseque de grandeur dans la reponse d’A-lexandre.
Chap. 5. Darius resta ränge en ba-taille toute la nuit. Il avait negligü deforlifier son camp, et il craignait unesurprise. Dien ne nuisit davantage ä sonparti que cette longue attente sous lesarmes. Celle crainte qui se reveille äl’approche d’un grand combat avaitdepuis long-temps penetre dans le cceurde ses troupes.
Teiles furent les dispositions de Da-rius : on retrouva ce plan apres la ba-taille, si l’on en croit Aristobule.
A la gauche, la cavalerie de la Bac-triane avec les Dahes et les Arachotes;pres d’eux la cavalerie et l’infantericpersanes confondues. Les Perses, ap-puyes sur les Susiens, les Susiens surles Gadusiens, s’etendaient depuis la
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pointe de l’aile gauche jusqu’au milieudu corps de bataille.
A la droite, les Coelo-Syriens et leshabitans de la Mesopotamie soutenuspar les Medes; ensuite les Parthes et lesSaques; enfin les Topyriens et les Hyr-caniens touchant aux Albaniens et auxSacesiniens qui venaient rejoindre lecentre, oü Darius paraissait au milieude sa famille et des nobles de son em-pire, entoure des Indiens, des CariensAnapästes et des archers mardes.
Les Uxiens, les Babyloniens, les Si-laciniens et les habitans des bords de lamer Rouge etaient ranges derriere surune seconde ligne.
Darius avait protege son aile gauche,en face de la droite d’Alexandre, parla cavalerie scythe, mille Bactriens etcent chars armes de faux. Cinquanteautres et la cavalerie de l’Armenie et dela Cappadoce etaient au-devant de l’ailedroite. Un pareil nombre de chars ar-mes de faux et les elephans couvraientle centre, oü Darius avait encore ras-semble autour de lui l’infanterie grec-que ä sa solde, la seule qu’il püt op-poser a la phalange macedonienne.
Alexandre disposa son armee dansl’ordre suivant: sa droite etait compo-s6e de la cavalerie des hetaires; au pre-mier rang la compagnie royale, sousles ordres de Clitus; ensuite celles deGlaudias, d’Ariston, de Sopolide, d’IIe-raclite, de Demetrius, de Meleagre, etenfin d'Hegeloque. Philolas eut le com-mandement general de cette cavalerie.
Elle etait appuyee sur l’infanterie,formee de la phalange macedonienne:on y dislinguait l’agema, les hypas-pisles conduits par Nicanor; les batail-lons de Coenus, de Perdiccas, de Me-leagre, de Polysperchon, d’Amyntas,qui, envoye en Macedoine pour desrecrues, avait ete remplace alors parSimias.