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Tome premier.
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930 ARR1EN,

portent que les hdlaires lui demandantä qui il laissait l’empire, il repondit :Au plm ditjiic. Et qu’il ajouta : « Lesjeux funebres que I’on celebrera surma tombe serontsanglans. »

Je n’ignore point tout ce que d’autresont eerit; qu’Alexandre fut empoisonnepar une Käme d’Antipater; qu’Aristote,alarme depuis la mort de Callislhene,fournit le poison; que Cassandre, fdsd’Antipater, l’apporta dans la corne dupied d’un mulet; qu’il ful verse pav sonfrere Iolas, echanson du roi, lequell’avait humilie depuis quelque temps;que Medius, amant d’Iolas, en fut com-plice; qu’ä ce dessein il attira le princeä un festin; qu’aussitot apres avoiravalece breuvage, Alexandre sentit une dou-leur violente qui le forca de quitter latable ; et qu’enfin ce prince, desespö-rant de sa vie, avait forme le projet dese precipiter dans l’Euphrale, pour de-rober sa mort ä ses soldats, et persua-der au resle des hommes qu'il euiit re-monle vers les dieux, auteurs de sonorigine; qu’il fut retenu par Roxane,et qu’il lui dit en pleurant: « Eh quoi!vous m’enviez les Honneurs Celestes.»

Je n’ai rapporle ces particularites,que pour montrer qu’elles m’elaientconnues; je les ai jugöes indignes deI’histoire.

Alexandre mourut la cent-quator-zieme Olympiade, Heg&ias etant ar-chonte ä Alhenes. 11 elait äge de presde trenle-deux ans et huit mois, aurapporl d’Aristobule : il regna un peuplus de douze ans et demi.

11 etait d’un tres-bel exterieur, d’uneresolution prompte et infatigable, d’uncourage ä toute epreuve; avide de perilset encore plus d’honneurs et de gloire ;plein de piete, assez inaifierent aux vo-luptös sensuelles, insatiable de plus no-bles plaisirs, habile ä saisir le meilleurparti dans des conjonctures diftieiles,ä

uv. vii.

peser, a augurer les probalites du suc-ces ; n’ayant point d’egal dans l’artd’ordormer des troupes, de les armer,de les gouverner, d’inspirer de la con-fiance aux soldats, et de relever leurcourage, en leur donnanl le premierl’exemple d’affronter les perils avec uneconslance inebranlable.

Dans les entreprises douteuses, sonaudace decidait la victoire. Eh! qui sutmieux que lui prexenir des ennemisqu’il accablait de sa presence, avantqu’ils eussent pu seulement soupgon-ner sa marche? 11 fut religieux obser-vateur de ses engagemens, d’une pru-dence en garde contre tous les pidges ,d’une generosite qui, ne reservant rienpour lui seul, prodiguait tout ä ses amis.

Que s’il faillil dans des premiersmouvemens de colere, s’il imita lefaste insolent des Barbares , il faulen accuser sa jeunesse , sa prosperitememe, et surlout les flatteurs, cettepeste des cours.

Maisil faut remarquer, ä sa gloire,que de tous les despotes, il est le seulqui se soit sincerement repenti. La plu-part, en effet, s’obstinent iniquemenldans leur faute, qu’ils croient pallieren la soutenant; comme si, dans cecas, il pouvait y avoir un autre re-mede que d’avouer sa faute, et de l’a-vouer hautement; l’offense croit quel’injure s’allege par le repenlir de l’of-fenseur : c’est une heureuse presomp-tion qu’on cessera de mal faire, alorsque l’on confesse avoir malfait.

Que s’il a rapporte son origine auxdieux, ce n’est pasun grand crime : ilse proposait d’imprimer plus de respectaux sujets; imitateur en ceci de Minos,d’fiaque, de Rhadamante, de Thesee,d’Ion, qui ont fail remonter leur nais-sance, les uns ä Jupiter, les autres äNeptune et ä Apollon.

Il revötit l’habit des Perses, mais par