INTRODl CHON'
«W
R slncle que l’on eüt ä vaincre pour leplacer sur le tröne de la Pologne , futson indolerice. La reine son epouseetait fille de l’empereur Leopold ctsoeur de l’eleetrice de Baviere . Le fond' de son esprit etait acariätre; la hau-teur et la Superstition faisaient son ca-ractere: eile aurait voulu rendre laSaxe catholique; mais ce n’etait pasu l’ouvrage d’un jour. Le comte de BrühletHaenechen etaient les ministresdelaSaxe . Le premier avait öte page, le se-rond laquais. Brühl avait ete attache aupremier roi; il fut le principal inslru-ment qui ouvritle chemin du tröne ä Au-guste II ; en reconnaissance, ce princel’associa a la faveur de Sulkovsky, sonfavori d’alors. La concurrence excitela jalousie; aussi s’alluma-t-elle bien-töt entre ces deux rivaux. SulkovskyS avait dressö un projet suivaut Iequel[ Auguste devait s’emparer de la Rohömeapres la mort de l’empereur Charles VI .i comme d’une suecession qui Iui reve-' nait par les droits de son epouse, en| qualite de fille de l’empereur Joseph,jj l’ainö des deux freres, dont par conse-[ quent la fille devait succöder preföra-I blement ä celle de son frere cadet. Le\ roi commeiH;ait ä goüter ce plan.
! Brühl , pour perdre son rival, commu-niqua son projet a la cour de Vienne,
•; qui travailla, conjointemeut avec lui,pour faire exiler l’auteur d’un desseinaussi oppose ä ses interöts; mais par! rette demarche, Brühl fut comme en-rhaine aux interets de- la nouvelle mai-son d’Autriche . Ce ministre ne con-naissait que les finesses et les ruses qui, sont la politique des petits princes.| C’etait l’homme de ce siede qui avait;■ le plus d’habits, de raontres, de den-' telles, de bottes, de souliers et de pan-toulles. Cesar l’aurait ränge dans lenombre des tötes si bien frisees et sibien parfumees qu’il ne craignait guöre.
II fallait un prince tei qu'Auguste II pour qu’un homme du genre de Brühl püt jouer le röle de premier ministre.Les generaux saxons n’etaient pas lesPremiers hommes de guerre qu’il y eüten Europe . Le duc de Weissenfeisavait de la valeur, mais pas assez degünie. Rutowsky, bütard du roi Au-guste I er , s’etait distingue a l’affaire (kiTimoc; mais il ötau trop epicurien ettrop indolent pour le commandement.La Saxe avait quelques gens d’espritque la jalousie de Brühl eloignaientdes affaires : cette cour etait bien ser-vie par ses espions et mal par ses mi-nistres. Elle etait si fort deperidantcdela Itussie, qu’elle n’osait contracterd’engagement saus la permission decette puissance: alors ia Russie , lacour de Vienne, l’Angieterre et laSaxe etaient alliees. La Saxe est unedes provinces les plus opulentes del’Allemagne: eile doit cet avantage äla honte de son sol et ä l’industrie deses sujets, qui rendent leurs fabriquesflorissantes. Le souverain en retiraitsix millions de revenus, dont on de-comptait un million cinq cent mille ecusemployes a l’acquit des dettes aux-quelles les deux elections de Pologne avaient donne lieu. L’electeur entre-tenait vingt-quatre mille hommes detroupes reglees, et le pays pouvait en-core lui fournirune milicede huit millehommes. Aprös l’electeur de Saxe,l’electeur de Baviere est un des pluspuissans princes de l’Allemagne . Char-les rögnait alors. Son pöre Maximilienembrassa le parti de la France dans laguerre de suecession, et perdit, avecla bataille de Hoechstedt, ses Etats etses enfans. Charles fut möme ölevö äVienne dans la captivitö. Ce prince,en succedant ä son püre, ne trouvaque des malheurs ä reparer. Il ötaifdoux, bienfaisant, trop facile. lg