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comle Tcerring ötait ä la fois son Pre-mier ministre et son general, et peut-ötre egalement incapable de ces deuxemplois. La Baviöre rapporte cinq mil-lions, dontun million ä peu pres sert,comme en Saxe, pour payer les vieillesdettes. La France donnait alors a l’ö-lecteur un subside de trois cent milleöcus. La Baviöre est le pays de l’Alle-magne le plus fertile et oü il y a lemoins de gönie : c’est le paradis ter-restre habitö par des bbtes. Les trou-pes de l’electeur etaient dölabrees; desix mille hommes qu’il avait envoyösen Hongrie au Service de l’empereur,il n’en ötait pas revenu la moitiö: toutce que la Baviöre pouvait mettre enCampagne ne passait pas douze millehommes. L’ölecteur de Cologne , frörede celui de Baviöre, avait mis sur satöte le plus de mitres qu’il avait pus’approprier. Il ötait ölecteur de Co-logne, evöque de Munster, de Pader-born, d’Osnabruck , et de plus, grand-maitre de l’ordre Teutonique ; il en-tretenait huit ä douze mille hommes,dont il trafiquait comme un bouvieravec ses bestiaux. Alors il s’ötaitvenduä la maison d’Autriche . L’electeur deMayence, doyen du College electoral,n’a pas les ressources de celui de Co-logne. Celui de Treves est le plus malpartage de tous. Le baron d’Eltz , alorsölecteur de Mayence, passait pour boncitoyen, honnöte homme et attachö äsa patrie. Comme il ötait sans passionset sans prejugös, il ne se livrait pasaveuglöment aux caprices de la courde Vienne. L’ölecteur de Treves nesavait que ramper. L’electeur palatinne jouait pas un grand röle; il avaitsoutenu la neutralitö dans la guerre de1733, et son pays souffrit des desor-dres que les deux armees y commi-rent. Il entretient huit ä dix millehommes; il a deux forteresses, Man-
heim et DusseldorfF; mais il manquede soldats pour les döfendre. Le restedes ducs, des princes et des Etats del’empire etait gouvern® par la courimperiale avec un sceptre de fer. Lesfaibles etaient esclaves, les puissansötaient libres. Dans ce temps le duc deMecklenbourg avait un söquestre: lescommissaires de la cour de Vienne fo-mentaient la dösunion entre le duc etses Etats, et consumaient les uns et lesautres. Les petits princes portaient lejoug, faute de pouvoir le secouer;leurs minislres, qui ötaient gagös ettitres par les empereurs, assujettis-saient leurs maitres au despotisme au-trichien. Le corps germanique est puis-sant, si vous considerez le nombre derois, d’ölecteurs et de princes qui lecomposent; il est faible, si vous exa-minez les intüröts opposös qui le di-visent. Les diefes de Batisbonne nesont qu’une espece de fantöme quirappelle la mömoire de ce qu’ellesetaient jadis. C’est une assemblee depublicistes plus attachös aux formesqu’aux choses. Un ministre qu’un sou-verain envoie ä cette assemblee, estl’equivalent d’un mätin de basse-courqui aboie a la lune. S’il est questionde faire la guerre, la cour imperialesait confondre liabilement sa querelleparticuliere avec les interets de l’em-pire, pour faire servir les forces ger-maniques d’instrument ä ses vues am-bitieuses. Les religions difförentes, to-löröes en Allemagne , n’y causent plusdesconvulsions violentes comme autre-fois. Les partis subsistent, mais le zeles’est attiödi. Beaucoup de politiquess’etonnent qu’un gouvernement aussisingulier que celui de 1’Allemagne aitpu subsister si long-temps, et par unjugement peu öclairö, ils attribuent saduröe au phlegme national. Ce n’estpoint cela. Les empereurs etaient ölec-