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Tome cinqième.
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l’empereur lui promettait, pour favo-riser ses droits ä la succession des du-chds de Juliers et de Bergue. Cet ex-posd montre combien les circonstancesetaient peu favorables ä la maison deBrandebourg, et ce sont les raisonsqui ddtermindrent le roi ä s’en tenirau traitd provisionnel que son pereavait conclu avec la France . Mais si desraisons aussi fortes moddraient les de-sirs de la gloire dont le roi etait anirne,des motifs non moins puissans le pres-saient de donner au commencementde son rdgne des marques de vigueuret de fermete, pour faire respecter sanation en Europe . Les bons citoyensavaient tous le cceur ulcerö du peu d’e-gard que les puissances avaient eupourle feu roi, surtout dans les dernieresannees de son rdgne, et de la fldtris-sure que le monde imprimait au nomprussien. Comme ces choses influcrentbeaucoup sur la conduite du roi, nousnous croyons obliges -de rdpandrequelques eclaircissemens sur cette ma-fiere.

La conduite sage et circonspecte dufeu roi lui avait dtd imputeeä faiblesse.11 eut, l’annee 1727, des brouilleriesavec les Hanovriens sur des bagatellesqui se termindrent par conciliation :peu de temps apres survinrent des de-meles aussi peu importans avec les Hol-landais, qui de meme furent accommo-des ä l’amiable. De ces deux exemplesde moderatiou, ses voisins et ses envieuxconclurent qu’on pouvait l’insulter im-punement; qu’au lieu de forces reelles,les siennes n’dtaient qu’apparentes;qu’au lieu d’ofliciers entendus, il n’a-vait que des maitres d’escrime, et aulieu de braves soldats, des mercenairespeu affectionnes ä l’Etat, et que pourlui, il menacait toujours et ne frappaitjamais. Le monde, superficiel et legerdans ses jugemens, accrdditait de pa-

reiis discours, et ces prdjuges se rdpan-dirent dans toute l’Europe. La gloire4 laquelle le feu roi aspirait (plus justeque celledes conqudrans), avait pour ob-jet de rendre son pays heureux,de dis-ciplinerson armdeetd’administrersesfi-nancesavecl’ordreet l’economie laplussage. 11 evitait la guerre pour ne point6tre distrait d’aussi belles entreprises;par ce moyen il s’acheminait sourde-ment ä la grandeur, sans dveiller l’en-vie des souverains. Dans les dernieresannees de sa vie, les infirmitös du corpsavaient enti^rement ruinö sa sant6, etson ambition n’eüt jamais consenti äconfier ses troupes ä d’autres mainsqu’aux siennes. Toutes ces differentescauses r^unies rendirent. son regneheureux et pacifique. Si l’opinion quel’on avait du roi n’avait 6t6 qu’uneerreur speculative, la vdrite aurait tdtou tard detromp/; le public; mais lessouverains presumaient si desavanta-geusement de son earactere, que sesallies gardaient aussi peu de menage-ment envers lui que ses ennemis.Preuve de cela, la cour de Vienne etcelle de Russie convinrent avec le feuroi de placer un prince de Portugal surle tröne de Pologne . Ce projet tombasubitement, et eiles se dedardrentpourAuguste II , electeur de Saxe, sans dai -gner mdme en donner la moindre con-naissance au roi. L’empereur Char-les VI avait obtenu, ä de certaines con-ditions, un secours de dix mille liom-mes que le feu roi envoya l’annee 1734sur le Rhin contre les Frangais, et ilse crut au-dessus de l’obligation deremplir ces chetifs engagemens. Le roiGeorge II d’Angleterre appelait le feuroi son frere le caporal; il disait qu’iletait roi des grands chemins et l’archi-sablier de l’empire romain : tous lesprocedes de ce prince portaient l’em-preinte du plus profond mdpris. Les