Band 
Tome cinqième.
Seite
45
JPEG-Download
 

HISTOIRF. »K MOS TKMPS.

oflieiers prussiens, qui, selon lesPri-vileges des electeurs, enrölaient dessoldats dans les villes imperiales, setrouvaient exposes ä mille avanies: onles arretait, on les trainait dans descachots oü on les confondait avec lesplus vils scdldrats : enfin ces exces al-laient a un point qu’ils n’dtaient plussoutenables. Un miserable evdque deLidge se faisait honneur de donner de?inortificalions au feuroi. Quelques Su-jets de la seigneurie de Herstall, ap-partenant ä la Prusse, s’dtaient re-voltes; l’evdque leur donna sa protec-tion. Le feu roi envoya le colonelCreutz ä Lidge, muni d’une lettre decreance, pour accommoder cette af- ifaire. Qui ne voulut pas le recevoir? cetut monseigneur l’dvdque : il vit arri-ver trois jours de suite cet cnvoye dansla eour de sa maison, et autant de foisil lui en interdit l'entree.

Cet Evenement, et bien d’autres en-rore qu’on omet par amour de la brid-vetd, apprirent au roi qu’un princedoit faire respecter sa personne, sur-tout sa nation: que la moddration esturie vertu que les hommes d’Etat nedoivent pas toujours pratiquer ä la ri-gueur, a cause de la corruption du sie-de, et que dans un changement de re-gne, il etait plus convenable de donnerdes marques de fermete que de don-nern.

Pour rassembler ici tout ce qui pou-vait animer la vivacitd d’un jeune princeparvenu ä la rdgence, ajoutons que Fre-deric 1 er , en drigeant la Prusse en royau-me, avait, par cette vaiue grandeur,inis un germe d’ambition dans sa pos-tdritd; eile devait fructilier töt ou tard.La monarchie qu'il avait laissde ä sesdesceiuians dtait, s il m'est permis dem’exprimer ainsi, une espece d’her-inaphrodite qui tenait plus de l’dlecto-rat que du royaume. Il y avait de la

45

gloire ä ddcider cet dtre, et ce Senti-ment fut sürement un de ceux qui for-tifidrent le roi dans les grandes entre-prises oü tant de motifs l’engageaient.Quand mdrne l’acquisition du duchd deBergue n’eüt pas rencontrd des obsta-cles presque insurmontables, le sujet endtait si mince, que la possession n’enagrandissait que trds peu la maison deBrandebourg. Ces rdflexions firent quele roi tourna ses vues sur la maisond’Autriche , dont, la succession, aprds lamort de l’empereur, devenait liti-gieuse, et le tröne des Cesars vacant.Cet dvdnement ne pouvait dtre que fa-vorable par le röle distingud que le roi! jouait en Allemagne , par les diffdrensdroits des maisons de Saxe et de Ba-vidre a ces Etats, par le nombre descandidats qui postuleraient la couronneimpdriale, enfin par la politique de lacour de Versailles , qui dans une pa-reille occasion , devait naturelle-ment s'en saisir pour profiter des trou-bles que la mort de l’empereur Char-les VI ne pouvait manquer d’exciter.Cet evdnement ne se fit point attendreL’empereur Charles VI termina sesjours h la Favorite, le 25 octobre del’annee 1740. Cette nouvelle arriva äReinsberg , oü le roi dtait attaque delafievrequarte. Les mddecins, infatuesd’anciens prdjugds. oe voulurent pointlui donner du qumquina; il en pritmalgrd eux, parce qu’il se proposaitdes choses plus importantes que desoigner la fidvre. Il rdsolut aussitöt derevendiquer les principautds de la Si-ldsie, auxquelles sa maison avait desdroits incontestables, et il se prdparaen mdme temps k soutenir ses prdten-tions, s’ille fallait, parla voie des ar-mes. Ce projet remplissait toutes sesvues politiques; c’dtait un moyen d’ac-qudrir de la rdputation, d’augmenterla puissance de l’Etat et de terminer ce