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Tome cinqième.
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HISTOfRE 1)E MON TEMPS.

eompatlssait, mais que les temps oü il6tait libre de s'aceommoder avec lacour de Vienne 6taient passes. On in-tercepta, ä peu de jours de diflerence,une lettre que l’impöratrice douairiöreöcrivait au prince Louis de Brunswick,qui se trouvait alors en Russie; eile 6tait plus sincöre, quoique Ie style n’envalüt pas mieux; en voici la copie ti-r£e sur l’original:

o 21 seplembre 1741.n Mon eher neveu,

» L’^tat de nos affaires a pris un» pli si accablant, que l’on peut dire» notre cas un abandon general; car» plus aucun n’est pour nous. Ce quia nous console dans notre malheur,» est que Dieu pr6cipitera plus d’un» Pharaon dans la mer Rouge , et con-» fondra nos faux simules amis. II)> n’est pas possible que la plupart» croient plus qu’il y a un Dieu . Vrai» est-il, les fausses apparences ne» m’ont pas endormie, et malgre que» l’electeur de Baviöre nous a attirö» les Prangais et me chasse d’ici, je» l’estime un digne prince; il n’a point» simuK; ni 4t6 faux, il s’est dömasque» d’abord et agit honnßtement. Jeb doute de vous ecrire plus d’ici. C’est» une triste ann^e pour moi. Conser-» vez-nous l’alliance, et qu’ils se gar-» dent de faux et simulds amis, qui» suis votre affectionnee tante F. t.isa-» beth.»

Le style de ces lettres decouvreeombien la cour de Vienne avait lecoeur ulcüre des progrhs des Prussiens en Silösie, et que cette cour ne respi-rait que la vengeance. Mais quelle dia-lectique! Quiconque attaque la mai-son d’Autriche ne saurait croire enDieu ! Offrir la paix lorsqu’on est librede la faire, et refuser des conditionsproposees apres d’autres traites siariAs,

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s’appelle faussete, perfidie! C’est lelangage de l’amour propre et de l’or-gueil, qui supprime l’exäctitude duraisonnement. Ainsi ä Vienne on fen-visageait l’alliance formte co'ntre lapragmatique sanction comme la guerredes Titans qui voulaient escalader lescieux pour detrhner Jupiter.

De leur cötp, les Suedois fi’gtaientpas aussi heureux que leurs alllPs. Undetachement de douze mille hoftiftiesavait 4t6 taillP en piöces par les Rus-ses auprfes de Willmanstrand. Cet <5cheeAtait considerable pour ce royaumeaffaibli et ruinp depuis Charles XII .La France en fut mortifiPe; eile seproposa de reparer d’un autre cM& lerevers qu’avaient essuyp ses alliös;eile voulut que le marcchal de Mailte-bois, avec l’armde qu’il commandaiten Westphalie , per\6trät dans l’Plec-torat de Hanovre , pour se rendre mai-tre de ces Etats. Le roi fit une grandefaute alors en employant tout son cre-dit pour dissuader les Frangais de c«dessein, allPguant que par cette entre-prise ils se rendraient odieux ä l’Eu-rope, rPvolteraient contre eux tous leiprinces d’Allemagne, et qu’allant s’at-tacher ä un objet de peu d’importance,ils n^gligeraient l’objet principal, quiPtait d’ecraser la reine de Hongrie avec toutes leurs forces. Les Frangai»auraient pu röfuter facilement un rai-sonnement aussi faible. S’ils avaientpris alors l’Plectorat de Hanovre , ja-mais le roi d’Angleterre n’aurait pufaire des diversions sur le Rhin commeen Flandre. Il ne manquait plus quela garantie de la France au trait6 quele roi avait fait avec l’&ecteur de Ba-viere. On pressait M. de Valori de laprocurer. Sa cour faisait encore desdifficultAs sur la cession de la princi-pautd de Glatz et sur quelques por-tions de la haute Silösie. 11 lui arriva,