H1STOIKE Üt -UON TEMPS.
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seulement il se bornait ä ne point cou-rir la carriere pdrilleuse oü eile etaitengagee, et ä devenir simple specta-teur, d’acteur qu’il avait ete. L’on prö-voyait combien le Cardinal serait sen-sible a ce revirement de Systeme , quifaisait manquer ses desseins les pluscachös; ils 6taient bien differens deceux qu’il affichait en public; car voiciquelle dtait sa vraie marche. II presu-maitsi bien du nom franpais, qu’il pen-sait qu’une poignee d’hommes suffirait jpoursoutenir laBohöme. Son intentionetait de faire porter tout le poids denette guerre aux allids, et de fortifierou de ralentir, selon les interöts de laFrance , les operations militaires, pourdiriger par cette conduite les negocia-tions de la paix au plus grand avantagede Louis XV . Cette conduite etait biendifferente de celle que le traite d’al-liance l’obligeait de tenir. Be tous lesallies de la France , l’empereur etait leplus ä plaindre, parce que M. de Bro-glie n’ötait ni un Catinat ni un Turen -ne, et que le marechal Tcerring et lestroupes bavaroises n’etaient pas desgens sur lesquels on püt compter. Pourl’electeur de Saxe, tout jaloux qu’iletait de l’agrandissement de la maisonile Brandebourg, il avait l’obligation auroi de ce que l’ayant compris dans lapaix de Breslau , il pouvait se tirer ho-norablementd’un mauvaispas; de plus,Auguste III 6tait si peu instruit del’emploi qu’on faisait de ses troupes,que lorsque le comte de Wartenslebenlut envoj’6 ä ce prince pour lui annon-cer, au nom de son allii' 1 , legain de labataille de Czaslau , il demanda ä War-tensleben si ses troupes y avaient bienlait. Wartensleben lui r^pondit qu’el-les n’y avaient point etd, et que long-temps avant la bataille, elles s’6taientretirees dansle cercle de Saatz, sur lesfrontifcres de la Saxe. Le roi en parut
etonmö; il appela ***, qui sut l’apaiserpar de mauvaises raisons. Avec aussipeu (de bonne volontü de la part de sesallies, le roi nYitait pas embarrasse defaire son apologie. Voici la copie de lalettre (1) qu’il ecrivit au Cardinal deFleuri :
« Monsieur mon cousin,
» Il vous est connu que depuis que» nous avons pris des engagemens en-» semble, j’ai seconde, avec une fide-»lite inviolable, tous les desseins du« roi votre maitre. Jai aide, par mes» remontrances, a detacher les Saxons » du parti de la reine de Ilongrie; j’ai» donrie ma voix ä l’electeurdeBaviöre,» j’ai accfelere son couronnement; je» vous ai aide, de tout mon pouvoir, a» contenir le roi d’Angleterre; j’ai en-» gage celui de Dänemark dans vos in-» teröts; enfin, par les n6gociations et» par I’öp^e, j’ai contribue, autant qu’il» a ete en moi, ä soutenir le parti de» mes allies, sans que les effets aient»jamais assez repondu aux dösirs de»ma bonne volonte. Quoique mes» troupes, epuisöcs par les fatigues» continuelles de la Campagne de 1741,» demandassent ä prendre quelque re-» pos, qui semblait leur 6tre du, je n’ai» point refuse aux pressantes sollicita—» tions du marechal de Belle-Isle de les» employer en Boheme, pour y couvrir» l’aile gauche des allies. J’ai plus fait:» pour degager M. de S6gur, bloque» dans Lintz, le zele pour la cause com-» mune m’a transporte en Saxe, et, ä» force d’importunitös, j’ai oblenu du» roi de Pologne que ses troupes, de» concert avec les miennes, feraient» une diversion en Moravie . On s’est» porte sur Iglau , dont M. de Lobko-» witz s’est retire en häte. Cette diver-»s.ion aurait eu un effet d^cisif, si
!.X) 10 juin 1742.