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des transfuge* et des espions que c’d-tait une partie du corps saxon aux or-dres du Chevalier de Saxe, auquel deuxmille grenadiers autrichiens s’etaientjoints. M. de Einsiedel, qui ne s’etaitjamais trouvö en pareil cas, perdit en-tiörement Contenance; il fut longtempsindöcis s’il attaquerait ces Saxons, quis’ötaient fait des retranchemens avecde la neige entassöe, ou s’il traverse-rait la Lusace pour rentrer en Silesie .Les ennemis avaient fait de si grandsabatis sur le chemin de Friedland,qu’il ütait devenu impraticabie Janscette Saison. M. de Rottembourg,voyant que l'incertitude de M. de Ein-siedel laisserait p6rir les troupes defroid et de misöre, fit reconnaitre leschemins de la Lusace et prit en mßmetemps la rösolution d’attaquer le Che-valier de Saxe, en se chargeant de 1’6-venement. Uncapitaine, nommö Cott-witz, Saxon de naissance, deserta lanuit et averlitle Chevalier des üesseinsde Rottembourg. Ce dernier se voyanttrahi, profita de la traliison möme : ilse mit le lendemain de bon malin enmarche par sa gauche et entra en Lu-sace . Les Saxons n’etaient oceupesqu’ä leur döfense, et ils furent instruitsen möme temps qu’un gros corps prus-sien, aux ordres de M. de Nassau, de-filait par la Silesie pour leur tomber ädos; ils ütaient si occupös de ces nou-velles, que la garnison de Prague leurdchappa heureusemenl. M. de Rottem-bourg cheminait toujours; un coionelVitzthum, qui commandait sur la fron-tiere de la Lusace , voulut s’opposer äson passage; mais iorsqu’il vit le nom-bre des Prussiens auquel il aurait äfaire, il se desista de son Opposition.Le günörul saxon Arnheim, sous lesordres duquel il ölait, envoya un autreofficier pour interdire le passage aux;Prussiens; mais Rottembourg, en l’ac-v.
cablant de politesscs, poursuivit saroute et arriva le 13 döcembre auxfrontibres de la Silüsie, oü ces troupesfurent employües ä former la chainedes quartiers depuis la Lusace jusqu’aucomlö de Glatz. Telle fut la fin de cetteCampagne, dontles pröparatifs annon-«yaient de plus heureux succes. Cegrand armement, q»i devait engloutirla Bohöme et möme inonder l’Autri-che, eut le sort de cette flotte, nommöel'inviricible, que Philippell d’Espagne miten merpourconquörir l’Angleterre.
Il faut convenir qu’il est plus diffi-cile de faire la guerre en Boheme quepartout ailleurs. Ce royaume est envi-ronnd d’une chaine de montagnes quien rendent l’enlröe et la sortie ögale-ment dangereuses. Prit-on möme laville de Prague , il faudrait une armöepour la garder; ce qui affaiblit trop lecorps qui doit agir contre l’ennemi.On n’y peut assembler de magasinsqu’ea hiver, oü les habitans sont con-traints, par la rigueur de la saison, dedemeurer dans leurs villages. Quel-ques contröes fertiles peuvent fournirdes subsistances pour de grandes ar-möes; les fourrages secs et le fourragevert ne sauraient y manquer : maisd'autres cercles montueux et chargesde bois sont trop steriles pour qu’unearmöe y sejourne long-temps. D’ail-leurs on n’y trouve aucune place te-nable, et si les Autrichiens veulentchasse,r l’ennemi de ce royaume sansen veniräune bataille, ils sont maitresde I’afFamer en lui coupant ses Com-munications ; ä quoi cette chaine demontagnes dont la Bohöme est envi-ronnee, tournit tout ce qu’un officierintelligerd; peut desirer en fait de gor-ges et de posles propres a intercep-ter les corivois. Il n’y a qu’une seulemöthode ä suivre pour prendre ceroyaume.
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